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[fic]: L'Avènement des Dieux
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[fic]: L'Avènement des Dieux posté le [07/11/2017] à 20:07

Chapitre 13 : Soleil Noir.


Spoiler :



Je ne pouvais pas croire ce que je venais de voir. Ces flammes violettes qui sortaient de la terre, brûlant tout sur leur passage et cette marque dans le ciel qui planait au-dessus de nos têtes…Ainsi donc, nous avions raison, Shadow essayait bien de réveiller les esprits de la terre immortel et il avait réussi.

Je n’avais jamais vu les esprits de la terre en action, j’étais beaucoup trop jeune, mais je me souvenais que mes parents, qui avaient suivi les actualités de l’époque, m’en avaient souvent parlé pour me faire peur et même maintenant, ces histoires me glaçaient le sang…

Je me tournai vers Hélios. Je savais qu’il possédait de grands pouvoirs, je l’avais bien vu lors de mes songes mais…était-il réellement capable de rivaliser avec de telles forces de la nature ? Je n’aimais pas ça mais…j’allais devoir lui faire confiance cette fois-ci. Sans son aide, nous étions condamnés…

Je repensai soudain à Laura. Elle qui était alliée à Shadow, avait-elle approuvé ce plan pour faire renaitre les esprits de la terre ? Je n’arrivai pas à le concevoir…Jamais mon amie d’enfance n’aurait accepté que de telles abominations voient le jour…Mais, cette amie existait-elle toujours ?

-Pourquoi Laura ? Soupirai-je. Pourquoi aides-tu un homme pareil ? Soupirai-je en serrant le poing, frustré de ne rien pouvoir faire.

-Arrête de te tracasser pour elle, Laura s’en sortira, ne t’inquiète pas ; me dit Marie, remarquant mon attitude.

Pour une fois, Marie s’était trompée. Je ne m’inquiétai pas pour Laura mais de Laura. Si jamais nous avions à l’affronter…Non seulement elle était dangereuse, mais en plus, je ne savais pas si j’avais le courage de la combattre de toutes mes forces ou non…

Soudain, je vis comme une lumière étrange s’échapper de la forêt. Je me frottai les yeux, pensant avoir rêvé mais la lumière ne disparut pas et s’intensifia même.

-Marie, est-ce que tu vois ça ? Demandai-je à ma sœur, pensant devenir fou.

-Non, je ne vois rien. Mais si tu parles de la présence autour de nous, je la ressens, oui ; me répondit-elle naturellement en haussant les épaules.

-Et…

-Elle n’est pas agressive non, mais elle a l’air inquiète…

Je fronçai les sourcils. Qu’est-ce que c’était encore que ces histoires ? Une sorte de fantôme nous observait ou quoi ?

Je me souvins tout à coup de la suite de mes songes et une idée stupide germa dans ma tête, idée stupide que je devais tout de même aller confirmer.

Discrètement, et comptant sur Marie pour me couvrir, je m’éclipsai et me dirigeai vers la source de lumière. Ainsi, je m’enfonçai à la lisière de la forêt, à présent vraiment menaçante sans les maigres rayons de soleils venant l’éclairer, et je m’arrêtai au pied d’un grand arbre.

Là, la lumière semblait m’attendre, flottant à quelques mètres au-dessus du sol, projetant une ombre inquiétante sur les environs mais je ne me laissai pas démonter pour si peu.

-Luna ? Est-ce toi ? Demandai-je dans le vide.

Je sentis alors une légère brise et la lumière s’intensifia rapidement, à tel point que je dus me cacher les yeux pour ne pas finir aveugle. Au début, ce n’était qu’une sphère lumineuse mais peu à peu, des contours se firent jusqu’à lui donner forme, celle de la jeune femme que j’avais vu dans mes songes.

-C’est bien plus dur de te contacter dans le monde réel que dans tes rêves Darksky ; protesta-t-elle. Tu ne peux pas savoir tout ce que j’ai dû faire simplement pour reprendre mon corps.

-Que viens-tu faire ici ? Répondis-je, ignorant ses plaintes et concentré sur le reste du groupe, de peur qu’ils ne parent sans moi.

-Profiter du retour des esprits de la terre, quelle question ; me répondit-elle sarcastiquement.

-Mais encore ?

-Veiller sur mon frère, ça me parait évident ; continua Luna en haussant les épaules. Ce boulet ne peut pas se surveiller tout seul, que veux-tu.

-Et…pourquoi ne pas être allée lui parler directement ?

-Bonne question…Je dirais que son esprit est trop fermé pour le moment ; lança-t-elle avec un large sourire qui cachait bien des choses.

Je soupirai mais, alors que je m’apprêtais à lui en demander davantage, j’entendis des pas derrière moi et, en me retournant, je vis Drago accourir vers moi, l’air inquiet et Luna disparut au même moment dans une trainée de brume, m’empêcher de continuer notre conversation.

-Il s’est passé quelque chose ? Demandai-je, intrigué.

-Les esprits ! Quelque chose a changé là-bas !

Je serrai les dents. Ma conversation pouvait bien attendre. Ma priorité était de remettre ces esprits de malheur à leur place avant qu’ils ne causent des dommages irréparables.

Je suivis Drago en courant au sommet de la colline et ce que je vis à mes pieds me sidéra. Les flammes violette, qui jusque-là, étaient lointaines, commençaient à gagner du terrain sur la forêt et à se rapprocher dangereusement de nous.

-Il faut faire quelque chose ! S’écria Alice, affolée. Si nous laissons ce Shadow faire, toute la planète pourrait se transformer en un immense brasier !

-Comment est-ce possible ? S’étrangla Trudge consterné, les esprits de la terre créent des flammes, mais celles-ci ne sont pas sensées se propager, mais simplement affirmer leur présence !

-Pour les sept que vous connaissez oui, mais ceux-là ont été créés pour tout détruire en cas de défaite pour ne rien laisser aux dragons…Mais je ne peux pas rester là sans rien faire, je dois…

Alice fut interrompue dans son monologue par Hélios qui, passant devant tout le monde, se plaça au sommet de la colline, juste devant le précipice et se mit à contempler la forêt brûlant à ses pieds.

-Bien, Bien, Bien, ça en fait un beau brasier tout ça ; déclara-t-il en croisant les bras. Est-ce que tu penses que ça peut s’éteindre ?

Nous nous regardâmes tous, cherchant à qui le roi pouvait bien s’adresser mais visiblement, ce n’était à aucun d’entre nous. Je commençai à me dire qu’il devenait fou à cause des vapeurs toxiques libérées par le bois en fois mais soudain, ce dernier fut entouré de son aura sombre et nous reculâmes tous d’un pas.

-Qu…Qu’est-ce que vous faites ? Bégaya Drago.

Hélios ne répondit rien et l’aura autour de lui s’intensifia jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’une ombre au milieu d’une marée de fumée noire. Je ne comprenais pas ce qu’il essayait de faire mais je n’étais pas réellement sur mes gardes, voyant que Marie souriait légèrement.

La fumée s’étendit alors à ses pieds et plongea droit vers les flammes, recouvrant rapidement la forêt tel un immense nuage d’orage. Un instant plus tard, je ne distinguai plus que cette marée noirâtre survolant la forêt en proie au feu, et cela, sur des kilomètres à la ronde…

Le roi claqua alors des doigts et, dans un grondement sourd, toute la fumée disparut. Mon cœur rata un battement un à ce moment-là et les visages de tous mes compagnons affichaient un air consterné en voyant que, du brasier ardent, il ne restait plus que des arbres à moitié calcinés…

Lorsqu’Hélios se retourna vers nous, il semblait assez satisfait de lui, mais nullement épuisé par sa démonstration de force.

-C…Comment ? Articula Trudge, livide.

-Trop long à expliquer. Marie le fera si elle en a envie un jour ; lui répondit le souverain nonchalamment.

-Et…est-ce que nous en avons fini ? Hasarda Drago, connaissant déjà la réponse.

-Pas vraiment non ; lui répondit Hélios en haussant les épaules.

La terre se remit alors à trembler et au loin, une immense masse sombre s’éleva au-dessus des arbres. Dans cette semi nuit, il était difficile d’en distinguer les contours mais une sorte d’aura s’en échappait, une aura maléfique, bien plus que tout ce que nous avions connu jusqu’à maintenant, peut-être même plus que celle d’Hélios et je pouvais voir comme deux yeux rouges immenses luire dans la pénombre.

-Qu’est…qu’est-ce que c’est que ça ?! S’exclama Marie.

-ça…un esprit de la terre immortel…ni plus ni moins…répondit l’agent en grimaçant.

Nous n’eûmes pas le loisir d’observer la créature maléfique plus longtemps car rapidement, les nuages dans le ciel prirent une forme étrange et se mirent à tourbillonner, formant comme une tour sombre autour de l’esprit. Au même moment, quelque chose se mit à scintiller d’une lumière émeraude dans la poche d’Hélios et ce dernier sortit une petite pierre de la même couleur. Aussitôt, les yeux d’Angéla s’agrandirent et elle frappa violemment le sol de son pied.

-Quoi ! S’écria Angéla, rouge de colère, vous avez encore ce truc !

-Je l’avais gardé par précaution, on ne sait jamais ce qu’il peut se passer ; répondit calmement le roi. Et puis, j’avais besoin de confirmer quelque chose…

-Confirmer…Quelque chose ? Répéta la jeune fille, confuse.

-Attendez, serait-ce de l’orichalque par hasard ? Hasarda Alice, le visage sévère.

-Possible, oui…

-Alors c’est bien vrai…Murmura la gardienne. Si l’orichalque réagit à la présence des esprits, cela signifie que toutes les énergies négatives de ce monde sont liées…

-Pa…Pardon ? Bégaya Trudge, qui avait visiblement décroché depuis un moment.

-Une théorie veut que la plupart des fléaux de ce monde aient été, non pas indépendants comme ils ont l’air de l’être, mais liés et orchestrés par une seule et unique créature.

Au moment même où Alice prononça ces mots, je vis Hélios tiquer, comme s’il savait quelque chose à ce sujet.

-Très bien, mais pour le moment, au lieu de trouver l’origine de ces fléaux, il vaudrait mieux les arrêter à mon avis ; s’exclama le roi, cherchant à détourner la conversation.

Personne ne trouva matière à le contredire mais ma suspicion à son égard redoubla d’intensité et je décidai de ne pas baisser ma garde. Il nous cachait quelque chose, j’en étais persuadé à présent et je comptais bien le percer à jour.

-Et comment allons-nous nous rendre aux lignes de Nazca si nous ne savons même plus où se trouve notre avion ? Déclara alors Marie qui était peut-être la seule du groupe à avoir gardé les pieds sur terre.

-Rien de plus simple ; lui répondit Alice. Naga, si tu veux bien.

Le cristal incrusté dans la poitrine du dragon blanc se mit à rayonner une vive lumière qui nous enveloppa tous. Le monde autour de moi devint flou, jusqu’à n’être plus qu’une énorme tache noire.

Je fermai les yeux, ne comprenant pas ce qu’il se passait et je me sentis comme aspiré par un puissant portail.

Lorsque tout cessa, ma tête tournait et je perdis rapidement l’équilibre, m’écrasant par terre. Cependant, je ne m’attendais pas à atterrir sur un sol pierreux et froid.

Lorsque je rouvris les yeux, je vis alors que nous ne nous trouvions plus en pleine forêt mais au milieu d’un immense plateau rocailleux s’étendant à perte de vue et entièrement entouré de hautes montages tandis que d’immenses flammes s’élevaient haut dans le ciel et qu’une colonne de nuage nous empêchaient de voir l’horizon.

-Qu…Que vient-il de se passer ? Bégaya Drago, tout aussi déconcerté.

-Je viens d’utiliser les pouvoirs de mon esprit de duel pour nous téléporter directement aux lignes de Nazca ; répondit la jeune femme tout en fronçant les sourcils face au décor qui s’offrait à nous.

Soudain, des applaudissements retentirent derrière nous et nous nous retournâmes tous en même temps pour faire face à Shadow. Ce dernier avait changé en l’espace de quelques minutes et possédait maintenant une inquiétante marque sur le bras, semblable à celle qui se dessinait dans le ciel au-dessus de nous.

-Et bien, je dois avouer que vous êtes plutôt tenaces, mais je n’en attendais pas moins de toi Hélios. Après tout, la ténacité, ça te connait, toi qui poursuis des gens pendant plusieurs années ; déclara-t-il d’une voix bourrée de sarcasmes et de rancœur.

-Shadow ! S’exclama Alice, affolée. Savez-vous au moins ce que vous venez de faire ?!

-J’ai libéré un esprit de la terre, rien de plus ; répondit ce dernier en haussant les épaules.

-Non, vous avez condamné cette planète !

-Vraiment ? Eh bien, c’était un peu le but après tout.

-Pourquoi ? Pourquoi voulez-vous détruire ce monde ? Demanda Drago, tremblant.

-Mes motivations ne regardent que moi il me semble ; rétorqua sèchement notre ennemi. Mais toi, Hélios, tu dois savoir pourquoi je fais tout ça, n’est-ce pas ?

-J’ai ma petite idée oui…Mais dis toujours, ça m’intrigue moi-aussi.

Shadow éclata soudain de rire, un rire fou et incontrôlable qui aurait fait frissonner les plus téméraires, et ne s’arrêta qu’au bout d’une minute, à bout de souffle.

-Hélios…décidemment…Jusqu’au bout tu te voileras la face ; finit-il par dire après avoir repris son souffle. Tu sais que mes objectifs sont les mêmes que les siens.

-Arrêtez de raconter n’importe quoi Shadow et soyez clair ! M’exclamai-je, commençant à perdre patience.

-Ah, mon cher Darksky, Laura n’est pas la seule à avoir changé ces dernières années. Je t’ai connu plus joyeux ; s’amusa l’homme.

J’écarquillai les yeux, abasourdi.

-Co…Comment ça « changé » ? Que voulez-vous dire ? Bégayai-je.

-Oublie ça, tu veux. Mais puisque vous semblez tous aussi bouchés les uns que les autres, je vais devoir vous faire un exposé ; soupira Shadow. Le monde dans lequel nous vivons…Jamais il n’aurait dû ressembler à ce qu’il est aujourd’hui. Les guerres, les famines, et tout le reste, tout cela a été causé par l’orgueil humain. Dans ce monde, c’est le plus fort qui gagne, les faibles sont écartés. Bien sûr, certain trouveront que c’est la dure loi de la vie, mais vous, trouvez-vous cela juste ? Pouvez-vous laisser passer de telles choses sans agir ? Moi non ! Mais, raisonner les plus grands de ce monde ne sert à rien, jamais ils n’admettront qu’ils ont tort, ils sont bien trop fiers pour cela !

Shadow se tourna vers Hélios en prononçant ces mots mais ce dernier n’eut aucune réaction, restant de marbre face à sa déclaration.

-Le seul moyen de rétablir la paix doit se faire par la guerre puisque c’est la loi de ce monde ! Si je détruis ce monde, tout cela n’existera plus. Une société plus juste pourra alors voir le jour, une société ou les sentiments tels que l’avarice et la cupidité ne guideront plus les hommes, une société où la raison dominera, une société où des gens comme Hélios ne pourront plus détruire la vie de gens innocents !

-Mais…Cela fera des milliards de victimes innocentes justement ! C’est cela que vous appelez la justice ?! S’écria Drago.

-Une guerre à toujours ses pertes, elles sont inévitables. Mais si c’est le chemin que je dois emprunter pour enfin créer un monde parfait, alors oui, il n’y a aucune hésitation. La fin justifie les moyens comme on dit…

-Non, c’est faux ! M’exclamai-je. Rien de bon ne peut naitre du chaos et de la désolation !

-Je peux comprendre tes sentiments, Darksky. Après tout, l’amour de Laura t’a sauvé alors que ton désespoir te détruisait, n’est-ce pas ? Cependant, l’espoir qu’elle t’a donné, existe-t-il réellement ?

-Evidemment qu’il existe ! M’écriai-je. Vous ne savez rien de moi, ni de Laura, alors arrêtez de faire comme si nous connaissiez !

-Détrompe-toi, Michael, je vous connais mieux que quiconque.

Mon sang se glaça dans mes veines. Au fond de moi, je savais que cet homme ne bluffait pas, qu’il connaissait vraiment ma vie, et celle de Laura comme s’il avait été présent avec nous…Mais comment était-ce possible ? Pourquoi n’arrivai-je pas à mettre un nom à cette voix que je connaissais pourtant !

-Tu le connais mieux que n’importe qui, n’est-ce pas ? Reprit-il d’une voix plus lente. Le sentiment de rejet, de solitude et de tristesse. Cet espoir brisé en mille morceaux que tu essaies de recoller, vainement…Laura aussi l’a ressenti et s’est jointe à moi. Pourquoi ne ferais-tu pas la même chose ? La retrouver ? N’est-ce pas là ce que tu veux au fond de toi ? Ensemble, vous pourriez bâtir ce nouveau monde où plus aucun de vos espoirs ne seraient brisés.

-Je refuse ; répondis-je sans même hésiter.

-Et puis-je savoir pourquoi ? Retrouver Laura n’était donc pas la chose la plus chère que tu désirais ?

-Si. Ma seule raison de continuer ce combat est de ramener Laura à la raison…Mais pas comme ça. Je refuse de la suivre dans ses délires. Si je faisais ça, je ne ferais que renforcer sa conviction et jamais je ne retrouverai mon amie.

-Donc tu es prêt à l’affronter lorsque le jour viendra, Darksky ?

-Evidemment que non. Je ne serais jamais prêt…Murmurai-je en serrant le poing devant mon impuissance. Cependant…Je refuse de me joindre à elle pour autant, alors oui, je lui ferai face ! Peut-être que je plierai, peut-être que je ne serai pas à la hauteur, peut-être que je serai balayé, mais je refuse de l’encourager dans cette voie !

-Je vois…c’est donc comme ça que tu le prends, Darksky ; résonna soudain une voix dans la plaine et mon sang se glaça.

Cependant, mon sang ne fut pas la seule chose à refroidir à cet instant. Lentement, une épaisse brume blanche recouvrit le plateau et je sentis la température chuter drastiquement. Angéla se mit aussitôt à grelotter et Drago recula, les yeux ronds.

Des cristaux de glace se formèrent alors à mes pieds et peu à peu, les pierres se mirent à se couvrir d’une fine couche de neige tandis que des bruits de pas se rapprochant se firent entendre.

Une silhouette commença à de dessiner au loin dans le brouillard glacé et grossissait à vue d’œil, me laissant rapidement entrevoir une longue cape noire, des cheveux bruns ondulant au gré du puissant vent qui s’était levé, et finalement deux yeux verts et luisants dans la pénombre de cet hiver prématuré ; et sous ses bottes, la glace cristallisait en de magnifiques fleurs gelées à chacun de ses pas.

La nouvelle arrivante s’arrêta à quelques mètres de Shadow et me dévisagea d’un regard si froid et dénué de vie que je reculai à mon tour, terrifié par ma propre amie.

-Laura…Murmurai-je.

-Tu ne comprends décidemment rien à rien mon pauvre ; me lança-t-elle sèchement. Des délires tu dis ? Tu sais ce que j’ai vécu, et pourtant, tu estimes que je suis en tort ? Je crois que j’ai bien fait de tirer un trait sur toi si tel est ton raisonnement.

-Parce que tu vas me dire que tu es d’accord avec lui ? Rétorquai-je. Ne me fais pas rire, jamais celle que j’ai connue n’aurai accepté un seul mot de ce que cet homme a dit !

-Effectivement. Je me fiche de changer les lois de ce monde ou je ne sais quel autre délire. Je n’ai qu’un seul objectif et pour cela, il n’y a qu’une seule voie que je peux emprunter. Mais je t’avais prévenu, Darksky. Ta voie se trouve sur la mienne, il faut donc que je t’élimine. Adieu !

Le vent redoubla d’intensité et un puissant blizzard se leva tout autour de Laura, nous obligeant à reculer davantage mais moi, je refusais de perdre la face ici et maintenant. Si notre dernier affrontement devait se jouer là, alors j’étais prêt. Je ne pouvais pas laisser Laura dire de telles choses !

Le blizzard forma alors de longs pics de glace à côté de mon ancienne amie, pics qu’elle envoya vers nous sans autre sommation.

Mais, alors que je me jetai devant Marie pour la protéger de l’attaque et que je m’apprêtai à être transpercé de toute part, j’entendis un cliquetis de métal et, lorsque je me retournai, j’écarquillai les yeux lorsque je vis Hélios, ayant arrêté l’attaque d’une seule main, à présent à nouveau entouré de sa sinistre aura noire.

-M…Merci…Bégayai-je, encore choqué par son geste.

Cependant, Hélios ne me répondit rien et se contenta de fixer Shadow et Laura, tandis que les visages de ces derniers furent traversés par un sourire malsain.

-D…Désolé Darksky…Mais je crois que je ne peux pas le retenir plus longtemps…Dit le roi en serrant la main sur son cœur, tremblant.

Il se retourna et je pus voir une grimace déformer son visage tandis qu’il essayait malgré tout de sourire à tout le groupe qui s’était réfugié derrière le monstre d’Alice.

-J’aurais…J’aurais bien voulu…Passer un peu plus de temps à m’amuser…avec vous…Mais je crois qu’il est temps…de nous dire au revoir…Articula-t-il alors que l’aura autour de lui gagnait en intensité.

-Attendez un peu, que se passe-t-il ici ? S’écria Drago. Hélios, à quoi jouez-vous ?

-Les enfants, j’étais sincère tout à l’heure, j’ai vraiment…apprécié le peu de temps qu’on a passé ensemble…

-Une minute, c’est quoi ce death Flag là, Hélios ? Expliquez-nous bon sang ! S’écria Angéla en me rejoignant

-Je…je ne vais pas pouvoir le contenir plus longtemps…fuyez avant qu’il ne soit trop tard !

-Fuir qui ? Et pourquoi ?! Insista Trudge. Je ne comprends rien moi !

-Partez ! Hurla le roi.

Soudain, l’aura noire enveloppa totalement et je le vis se mettre à genoux en poussant un cri de douleur. Il avait l’air de souffrir atrocement mais que pouvions-nous faire ? Nous ne savions même pas ce qu’il se passait exactement et encore moins comment l’arrêter. Seul l’esprit de duel d’Alice se mit à s’agiter, sentant que les choses allaient mal tourner mais moi, j’étais pétrifié, refusant de relâcher ma protection entourant Marie.

-Hélios…Vous le saviez…n’est-ce pas ? Murmura Marie.

-Je…je suis désolé pour tout le mal que je vous ai causé, Marie, Darksky, Angéla, Drago…Je regrette…vraiment…dit-il les larmes aux yeux.

Je vis alors Luna apparaitre à mes côtés et cette dernière semblait affolée.

-Que lui arrive-t-il Luna ? Tu le sais ?

-ça n’était pas arrivé depuis la grande guerre…Vous êtes tous en grand danger ! Ne restez pas là ! S’écria-t-elle d’une voix tremblante.

Je n’eus même pas le temps de prévenir les autres que l’aura d’Hélios se changea en flammes ardentes qui firent aussitôt fondre la glace créée par Laura et une puissance onde de choc nous repoussa.

-Il arrive enfin, Laura ; déclara Shadow en fronçant les sourcils.

Hélios fut complètement absorbé de cette aura noire et quand elle se dissipa, ce n’était plus Hélios qui se tenait devant nous. Physiquement, c’était toujours lui, mais je pouvais distinguer que son regard, lui, n’avait plus rien d’humain. Il avait désormais des yeux se réduisant à deux fentes, et ses pupilles étaient comme celles d’un serpent. Ses cheveux, quant à eux, étaient devenus complètement blancs et beaucoup plus longs d’au moins un demi mètre.

La créature qui avait pris possession du corps d’hélios regarda avec satisfaction autour d’elle, balayant le terrain d’un regard mauvais.

-Quelle mauvaise idée, Hélios, de me faire rencontrer les deux personnes à qui j’ai confié mes pouvoirs au même endroit ; déclara-t-elle d’une voix sifflante, lente et grave.

-Hé…Hélios ? Demanda Angela d’une petite voix.

-Je ne suis pas…Hélios. Mon nom est Gariatron, démon originel des Ténèbres. Il est temps pour moi de terminer ce que j’ai commencé et de détruire cette humanité si répugnante.

-Détruire…L’humanité ? S’étrangla Drago, interdit.

Le « démon » l’ignora totalement et se tourna vers Shadow et Laura et ces derniers se dévisagèrent pendant plusieurs secondes sans dire un mot. Cependant, je vis que mon ancienne amie restait sur ses gardes, toujours entourée de cette épaisse brume de laquelle pouvait surgir des pointes de glace à n’importe quel moment.

-Shadow, Laura Garden, enfin nous nous rencontrons ; déclara-t-il calmement.

Ce fut à mon tour de m’étrangler et je me relevai d’un bond, laissant Marie totalement sans défense mais je ne pouvais pas croire ce que je venais d’entendre. Comment Laura pouvait-elle connaitre cette créature ? Pire que tout, elle semblait être son alliée…Je ne comprenais pas…Pourquoi faisait-elle tout ça ?…

-Ainsi donc, voici te voici en chair et en os, Gariatron ; lui répondit Shadow sur le même ton. Il t’en aura fallu du temps pour te montrer.

-Mais à présent que je suis là, il est temps que tu tiennes ta promesse et je tiendrai la mienne.

-Attendez, qu’est-ce que vous mijotez dans votre coin encore les affreux ? Et où est passé Hélios ! S’exclama Angéla ayant repris un peu de courage.

Gariatron ne se retourna même pas et une vague d’énergie sombre émana de son corps pour aller frapper la jeune fille qui esquiva l’attaque à la dernière seconde en se jetant à terre par réflexe. Son visage devint livide lorsque, derrière elle, l’arbre qui reçut l’attaque fut abattu en une fraction de seconde…

-Eh mais…Commença-t-elle avant de se faire interrompre par Trudge.

-Bon, je ne comprends rien à ce qu’il se passe ici mais une chose est sûre, je ne vous laisserai pas attaquer des civils et…

Drago se jeta sur l’agent de sécurité et le plaqua au sol alors qu’une deuxième vague d’énergie noire émanait du monstre et alla abattre un autre arbre sur son passage.

-Naga, ne laisse pas cette créature agir ! S’exclama alors Alice.

Le dragon blanc poussa un rugissement de rage et projeta une déferlante de flammes argentées droit vers celui qui avait pris possession du corps d’Hélios mais une fois de plus, il ne bougea pas d’un pouce et l’attaque fut purement et simplement repoussée, comme s’il était entouré d’un bouclier invisible, sous les yeux exorbités de la duelliste.

-C…Comment ? Bégaya-t-elle.

-Voilà une des raisons pour lesquels je hais les humains ; grogna Gariatron. Mais je n’ai pas de temps à perdre…

Gariatron fit un geste ample de la main et d’immenses flammes surgirent du sol tandis que dans le ciel se dessinèrent sept autres symboles. La terre se mit à trembler, le ciel s’obscurcit davantage jusqu’à devenir totalement noir, uniquement éclairé par la lueur des flammes violettes.

Je crus voir comme un soupçon de peur dans les yeux de Laura en voyant ce que Gariatron venait d’accomplir, peur qui disparut aussitôt pour ne laisser qu’un regard empli de haine et de colère.

-Bien, il est temps de partir.

Drago tenta alors de rattraper le démon mais un mur de flamme se dressa entre lui et Gariatron, nous séparant totalement de nos ennemis tandis que j’entendis ceux-ci s’éloigner lentement de nous sans que nous ne puissions rien faire pour les arrêter…

-Laura…Pourquoi…Murmurai-je, furieux contre moi-même d’avoir été incapable de la ramener à la raison une fois de plus.

Cependant, alors que nous pensions que la situation ne pouvait pas être pire, deux ombres immenses s’échappèrent du corps du démon, ombres qui prirent bientôt la forme de deux créatures bien trop connues à mon gout, celles d’un serpent géant aux yeux jaunes et luisants et d’un grand dragon noir comme la nuit : Apophis et Drakon.

Ma sœur recula instinctivement devant ces deux créatures mythiques qui nous faisaient face alors que nous étions encore à moitié assommés par la disparition d’Hélios et l’apparition de ce Gariatron…

Soudain, le serpent divin cracha une salve de venin directement vers ma sœur et, oubliant tout le reste, je me remis debout. Tout ce qui comptait pour moi à présent était la protection de Marie. Le danger était imminent et je refusais de faillir à ma tâche une seconde fois !

Laura pouvait bien penser ce qu’elle voulait, je savais que j’avais fait le bon choix et j’allais le prouver ici et maintenant !

-Anéantis ces monstres de pacotille, Trishula, Dragon de la barrière de glace ! M’écriai-je en brandissant la carte de mon amie.

Aussitôt la température chuta brutalement et l’attaque d’Apophis gela instantanément, rebondissant comme de vulgaires confettis sur les habits de ma sœur tandis qu’ à mes côtés s’éleva le majestueux dragon de glace à trois tête, prêt à geler tout ce qui se mettrait en travers de son chemin.

-Je sais que tu me regardes depuis quelque part, Laura…Je vais te montrer…La puissance que tu as toi-même rejeté ! Trishula, Absolute Zero !

Un épais brouillard se leva tout autour de mon dragon tandis qu’une rafale de cristaux de glace fusèrent en direction d’Apophis. Cependant Drakon s’interposa et riposta en crachant un feu ardent de sa gueule qui réduisit mon attaque à néant.

Je jurai en voyant mon échec mais je n’eus même pas le temps de donner un autre ordre à mon monstre qu’Apophis repassa à l’attaque et, d’un puissant coup de queue, envoya valser Trishula dix mètres en arrière, directement dans les flammes qui le consumèrent en un instant, me laissant sans défense…

-Athéna, Sanctuary Light ! S’exclama Angéla en prenant place à mes côtés.

Je vis alors une grande guerrière aux cheveux d’argent et portant une armure d’or se placer entre les deux esprits et nous avant de lever son sceptre et de créer une barrière protectrice.

Drakon repassa aussitôt à l’attaque en rugissant et abattit sa patte griffue sur la barrière qui se fissura légèrement mais résista. Apophis fit de même avec sa queue et une autre fissure se créa dans la barrière.

-Athéna ne nous protégera pas longtemps…Grimaça mon amie. Il nous faut un plan ou nous allons finir en bouillie et je n’y tiens pas particulièrement !

-Je…Je vais y aller…Bégaya Drago, tremblant.

-Quoi ! S’étrangla Trudge. Et que comptes-tu faire ?

-Je…

Drago serra le poing et ses tremblements cessèrent aussitôt tandis qu’une expression résolue se dessina sur son visage.

-Angéla, quand je te le dirai, désactive ta barrière ; déclara-t-il en sortant une carte de sa poche.

-Je crois que je ne pourrai pas attendre malheureusement…

Au même moment, un bruit de verre brisé se fit entendre et, levant tous la tête, nous vîmes que la barrière venait de céder. Mais, avant d’avoir eu le temps de réaliser ce qu’il se passait, Drago fonça à l’extérieur et fut inondé d’une vive lumière qui nous aveugla et fit reculer les deux créatures.

-Montre toi, Osiris !

Deux immenses ailes blanches apparurent dans la lumière et quelque chose s’en extirpa avant de foncer sur Drakon et Apophis qui furent repoussés plusieurs dizaines de mètres plus loin avant que la lumière ne disparaisse aussi vite qu’elle n’était apparue et que Drago ne mette un genou à terre, haletant et transpirant.

Cependant, le voir agir de la sorte me redonna confiance en moi et j’invoquai immédiatement Geb à mes côtés. Le monstre aux longues griffes sortit de la terre et se plaça entre nous et les deux créatures de Gariatron qui se mirent à reculer prudemment, non sans siffler et grogner de colère.

-Je m’occupe d’eux ! M’exclamai-je alors. Trudge, Alice, mettez les autres à l’abri et…

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase car, sorti de nulle part, un déluge de flamme s’abattit sur Geb et ce dernier s’écroula sur le sol. J’écarquillai les yeux, d’abord de stupeur, puis de peur lorsque je vis quelle en était la cause.

Juste en dessous du signe en forme d’Araignée se tenait une nouvelle créature à huit pattes, noires, parcourue de lignes rouges et brillantes et mesurant plus de cent mètres de long.

Je tombai à la renverse, le souffle coupé mais je n’étais pas au bout de me surprise car la terre trembla une nouvelle fois et, dans un cocon de flammes apparurent six autres créatures, toutes aussi terrifiantes que cette araignée géante.

-Les…Les esprit de la terre…Bégayai-je Trudge en tombant à genoux.

Je n’en croyais pas mes yeux. J’avais toujours considéré ces monstres comme des légendes, des créatures mythiques appartenant au passé mais…Je me rendais maintenant compte à quel point les histoires de mes parents étaient loin de la réalité et qu’ils l’avaient énormément atténuée…

Terrifié, je me retournai pour rejoindre les autres et mon cœur s’arrêta net. Les flammes avaient gagné en intensité et m’avaient coupé du reste de l’équipe, me laissant à mon propre sort face à un esprit en forme de baleine géante et m’empêchant de protéger Marie…

Je jurai contre tout ce qui m’entourait et soudain, je me remémorai des mots de Saya avant qu’elle ne disparaisse : « Va au bout de tes rêves Darksky, et j’irai au bout des miens, c’est une promesse ? ».

Je ne pus m’empêcher de sourire. Qu’aurait-elle dit si elle m’avait vu baisser les bras de la sorte avant même d’avoir pu entrevoir la fin de ces rêves ? J’étais persuadé qu’elle m’aurait passé un savon avant de prendre les choses en main et les régler en un claquement de doigt…

-Franchement…Même maintenant, tu viens me casser les pieds…Saya ; murmurai-je en riant intérieurement malgré la situation.

En titubant, je réussis à me remettre debout et je vis que Geb fit de même dans un rugissement de colère. Ce n’était pas terminé. J’avais avec moi un des monstres les plus puissant du jeu, je n’avais rien à craindre, pas même face à un esprit de la terre !

-En avant Geb, Lame Pangéenne !

Le reptile se mit alors à irradier une vive lueur bleutée tandis que la lueur dans son regard s’intensifia. La terre se mit à trembler et, sans aucune autre forme de sommation, d’immenses stalagmites rocheuses en surgirent de tous les côtés.

La baleine noire les esquiva aisément et se précipita sur moi, la gueule grande ouverte dans le but de m’avaler mais je ne bougeai pas et lui fit face sans trembler et, alors qu’elle n’était plus qu’à quelques mètres, un pic apparut devant moi et la transperça de l’intérieur.

Le monstre hurla de douleur avant de se désintégrer lentement dans une pluie d’étincelle mauve et les flammes qui m’entouraient perdirent aussitôt de leur intensité, me permettant ainsi de rejoindre Marie et Angéla qui tentaient tant bien que mal de lutter contre un singe Jaune…

-C’est décidé, j’ai horreur des singes maintenant ! Hurla Angéla tout en esquivant le poing immense de la bête qui s’écrasa sur le sol, créant un immense cratère.

Je ne réfléchis pas une seconde de plus en voyant que ma sœur était à terre et j’ordonnai à Geb de reproduire son attaque. Ainsi, de nouvelles lames surgirent du sol et transpercèrent l’esprit qui termina exactement de la même façon que la baleine.

-Et bah, tu en as mis du temps, monsieur le possesseur de carte divine ! Ronchonna Angéla une fois que je fus à sa hauteur.

-En attendant, tu es bien contente que je sois là je suis sûr ; rétorquai-je, vexé de n’être même pas remercié.

-Vite fait mais…

-Ce n’est pas le moment ! Nous coupa Marie. Je m’inquiète pour les autres et…

Marie ne termina pas sa phrase non plus car une énorme explosion retentit derrière nous et nous balaya comme de vulgaires brindilles, nous faisant rouler sur plusieurs mètres.

Lorsque je repris mes esprits, mon sang se glaça dans mes veines. En effet, pendant que j’avais le dos tourné, Geb venait d’être transpercé de part en part par le bec d’un oiseau ressemblant à un colibri géant tandis que les griffes d’un lézard vert tout aussi monumental étaient plantées en lui.

Le monstre divin s’évapora dans une trainée d’étoiles scintillantes et, aussitôt, les deux esprits maléfiques se tournèrent vers nous et j’entendis Angéla déglutir derrière moi.

-Dis…J’imagine que c’était ton dernier atout, Darksky ? Me demanda-t-elle d’une voix tremblante.

Ma réponse fut étouffée dans le cri strident du colibri orange qui battit des ailes, soulevant une puissante bourrasque suffisant à nous repousser comme de vulgaires insectes.

Je rebondis plusieurs fois sur le sol dur avant d’enfin m’arrêter en m’écrasant contre un rocher, les habits déchirés, mains couvertes de coupures et la respiration coupée.

Je toussai plusieurs fois avant de me relever avec difficulté et j’écarquillai les yeux quand je vis Marie à terre tandis qu’Angéla grimaçait de douleur en se tenant le bras, une large tache rougeoyante traversant ses habits.

-On dirait qu’une fois de plus, j’ai été trop prétentieuse…Murmura la blonde en souriant malgré la douleur et en mettant un genou à terre, à bout de forces.

C’était sans espoir. Plus je voyais les deux esprits se rapprocher de nous et plus mes forces s’évanouissaient. Si même Geb avait été vaincu, comment moi, un simple garçon de quinze ans, aurais pu faire face à ces monstres ?…

Comme recherchant un dernier espoir, je me tournai dans la direction dans laquelle se trouvaient Drago et les autres mais la route était toujours barrée par ce mur de flammes infranchissables, nous laissant totalement seuls aux prises avec ce singe et ce lézard…

-Si tu voyais ça, Saya…Tu me trouverais bien ridicule…Soupirai-je.

Le singe n’était plus qu’à quelques mètres de nous et, dans un ultime effort, je me plaçai entre lui et Marie, écartant mes bras, comme si cela allait changer quelque chose mais, même si nous devions perdre ce combat, je refusais de donner à Laura la satisfaction de me voir abandonner !

Mais, alors que l’ombre sinistre n’était plus qu’à un mètre de moi, un bruit de moteur résonna dans la pleine et une vive lumière éclaira le ciel noir

– Dragon poussière d’étoile, débarrasse-toi de l’esprit de la terre immortel Cusilu ! Shooing Sonic !


Fate is just a word that people use when it’s all over, noone knows what’ll happen until it does!

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[fic]: L'Avènement des Dieux posté le [10/11/2017] à 23:00

Chapitre 14 : retour à la case départ


Spoiler :



Roulant sur le côté, j’esquivai de justesse une attaque d’Apophis et son venin alla s’écraser contre le sol, y formant un immense cratère fumant mais, n’ayant même pas le temps de me relever, je dus éviter également les flammes de Drakon avant de finir ma course acculé, dos aux flammes, ne pouvant plus reculer.

Je n’avais pas une seule seconde de répit et, depuis que ces flammes géantes étaient apparues, j’avais été séparé du reste du groupe, me retrouvant en deux contre un, face aux dieux de Gariatron…

Essayant une trace de sang sur ma joue d’un revers de la manche, je profitai des quelques instants de répit que j’avais pour reprendre mon souffle, me demandant encore comment j’avais réussi à rester en vie aussi longtemps rien qu’en sautant dans tous les sens.

Cependant, mon endurance arrivait à ses limites et j’avais déjà joué ma carte maitresse en invoquant Osiris sur les conseils de Théa mais cela ne nous avait fait gagner que quelques secondes…

Apophis siffla et m’envoya une nouvelle salve de venin. Je tentai de me défendre en invoquant un monstre mais ce dernier fut immédiatement brûlé par l’acide sortant de la bouche du reptile…

-C’est inutile…Me lamentai-je. Nous ne pouvons pas gagner !

-Je sais que la situation peut sembler désespérée, mais je ne t’ai jamais vu baisser les bras, pas même lorsque tu as affronté seul à seul Hélios ! Me rétorqua Théa tout en déviant les flammes de Drakon d’un simple geste de la main.

-Tu parles, j’étais mort de peur. Si Angéla n’avait pas été là pour me protéger, je ne serais sûrement plus ici pour en parler ; répliquai-je en me mordant la lèvre. Et puis, sans moi…

-Sans toi quoi ? Hélios n’aurait pas cherché à se venger et Gariatron ne serait pas réapparu ? Tu n’as décidément pas changé ; soupira ma sœur, toujours le même qu’à l’époque où ça s’est produit avec Asuna…

-Asuna ? Répétai-je interdit.

Au moment même où Théa prononça ce nom, mon cœur fit un bond dans ma poitrine et je fus pris de vertige. Le monde se mit à tourner autour de moi et je dus faire des efforts considérables pour ne pas perdre l’équilibre alors que ma tête me faisait affreusement souffrir, à tel point que je dus la prendre dans mes bras tout en me mettant à genoux.

-Pitoyable ; résonna une voix dans ma tête.

-Qui…Qui a dit-ça ? Murmurai-je, interdit.

Voyant ma déconcentration, Apophis me prit par surprise et, d’un puissant coup de queue, m’envoyant valser à l’autre bout de la plaine. Je retombai sur le dos et tout l’air dans mes poumons fut expulsé d’un seul coup, me coupant la respiration.

Cependant, je ressentis à peine les effets de l’impact, souffrant toujours le martyr pour une raison inconnue, et la douleur n’allait pas en s’améliorant…

-Je suis étonné que tu m’aies oublié alors que c’est toi-même qui m’a appelé à l’époque, Drago ; ricana la voix. Mais j’imagine que je vais devoir te rafraîchir la mémoire…

Plus de réponse. Etais-je en train de devenir fou à cause de mes blessures ? Je me tournai vers Théa mais elle ne semblait avoir rien remarqué et continuait à me défendre en déviant les attaques de Drakon et Apophis.

Soudain, je me souvins d’un événement s’étant déroulé plusieurs années auparavant, lorsque j’étais encore dans mon monde et je revis une silhouette, celle d’un dragon, se tenant à mes côtés tandis que je pleurais devant le corps inanimé d’une personne dont je ne pouvais voir le visage et un nom me revint en tête : Ladd.

Comme envahi d’une force nouvelle, je me remis debout pour faire face aux deux créatures de Shadow et tout mon corps se mit à luire d’une lumière aveuglante. La terre se mit alors à trembler et un bruit sourd résonna dans le ciel, comme si le tonnerre grondait juste au-dessus de nos têtes.

Je levai mon bras au-dessus de ma tête et une carte scintillante apparut dans ma main tandis que Apophis et Drakon reculèrent pour la première fois du combat.

-Tu es l’incarnation de la perfection, toi seul a le pouvoir de maitriser ce qu’aucun autre n’a pu faire avant toi ! Fils du sanctuaire et du pandémonium, fais nous l’honneur de te montrer dans toute ta splendeur et rétablis l’équilibre des forces dans ce combat ! Je fais appel à toi, Dragon De La Lumière Et Des Ténèbres !

Un éclair illumina le ciel et une brèche s’ouvrit entre les nuages, brèche de laquelle s’échappa un immense dragon, plus noire que la nuit la plus sombre d’un côté et plus immaculé que la plus pure des lumières de l’autre. De ses ailes bicolores, une trainée d’étoiles scintillantes s’échappait tandis que ses deux yeux, jaunes comme le soleil foudroyaient les deux dieux.

Théa se figea un instant et ses yeux s’arrondirent à la vue de ce monstre tandis que tous les esprits de la terre restant se retournèrent instantanément dans notre direction.

-L…Ladd…Tu dis ? Bégaya ma sœur, abasourdie. Mais je croyais…

Elle ne termina pas sa phrase car Apophis, voyant l’ouverture, cracha une salve de venin dans sa direction mais le dragon, vif comme l’éclair, s’interposa et noya l’attaque dans une rafale de flammes noires qui frappèrent le reptile de plein fouet, le faisant chanceler, ce que même Osiris n’avait pas réussi…

Sans laisser le temps aux deux ennemis de riposter, mon monstre cracha une nouvelle rafale de flammes, cette fois-ci d’un bleu incandescent, qui obligea Drakon à se replier encore davantage avant de provoquer un puissant tourbillon rien qu’avec un battement d’ailes qui fut suffisant pour éteindre les flammes des esprits de la terre me séparant de Darksky et des autres.

Je restai bouche bée devant la puissance de ce Dragon. J’ignorais totalement que possédais un tel monstre dans mon jeu depuis le début et pourtant, il ne m’était pas inconnu…

Darksky, Marie, Angéla me rejoignirent dès qu’ils virent que le mur de feu avait été abattu, et de l’autre côté arrivèrent Trudge et Alice et je pus constater que, de tout le groupe, j’étais celui qui s’en était sorti le mieux jusque-là…

Les vêtements de Darksky et de sa sœur étaient déchirés de toutes parts, Angéla était sévèrement atteinte au bras, Trudge saignait du front et Alice boitait…

Cependant, alors que je m’apprêtai à faire état de la situation à mes amis, je vis soudain cinq dragons prendre part au combat aux côtés de Ladd tandis que des bruits de moteur résonnèrent.

-Et bien Drago, je vois que tu m’avais caché des choses durant notre duel ! S’exclama une voix que je reconnus immédiatement.

Peu après, l’ombre d’un duelliste portant un long manteau blanc apparut, chevauchant la Lumicatrice et me lança un sourire narquois.

-Jack ! M’exclamai-je abasourdi.

-Tu ne cesseras de m’impression, Drago ! Toi et ton groupe avez fait du bon travail mais à présent, il est temps que les exécuteurs prennent la relève ! Me répondit le roi des duels tandis qu’une marque rouge scintillait sur son bras.

-Laisse les un peu Jack, tu veux ; le rabroua Yusei depuis son propre Dragon.

-Vous avez fini de vous chamailler vous deux ? Les sermonna Akisa, présente également, chevauchant un dragon ressemblant à une rose rouge.

Il y avait également trois autres personnes que je ne reconnus pas immédiatement mais portant les mêmes genres de marques que Jack, Yusei et Akisa sur leurs bras.

Soudain, Marie, Darksky, Angéla, Ladd et moi fûmes entourés d’une lumière rougeâtre, la même qui scintillait sur les bras des six duellistes et un immense Dragon écarlate surgit des cieux, faisant reculer les esprits de la terre ainsi que les deux dieux maléfiques.

-Partez d’ici, nous nous occupons du reste ! Nous lança Yusei. Trudge, Alice, nous allons également vous transporter en lieu sûr.

-Mais…

Angéla fut interrompue dans sa phrase lorsque la lumière nous entourant s’intensifia jusqu’à nous aveugler totalement et je me sentis à nouveau arraché à mon propre corps.


Lorsque je recouvrai la vue, nous n’étions plus aux lignes de Nazca et il n’y avait plus aucun signe des esprits de la terre ni de Jack et des autres.

Il n’y avait autour de nous que des pierres, des cailloux, des rochers et au loin se dessinait les traits d’une montagne à demi cachée par la brume. De temps à autre, dans ce paysage de gris perçait une ou deux fougères et à de rares endroits, quelques brins d’herbe arrivaient à se frayer un chemin parmi ce sol particulièrement ingrat. Un unique sentier caillouteux s’offrait à nous et semblait mener tout droit à la montagne.

Un léger vent frais soufflait sur la lande et passait à travers nos habits en lambeaux, mais je ne m’en plaignais pas, au contraire, après être passé à côté de flammes ardentes, j’avais vraiment besoin de fraicheur…

Je levais les yeux au ciel. Il était coloré d’un rose pâle annonçant un lendemain beau et ensoleillé. La clarté du jour tombant me fit presque mal aux yeux après etre resté si longtemps dans l’obscurité des esprits de la terre et je dus cligner plusieurs fois des yeux avant de m’y accoutumer.

Les ombres grandissantes annonçant la tombée de la nuit dansaient avec les derniers rayons du soleil couchant et rendaient ce paysage encore moins accueillant qu’il ne l’était déjà.

Le temps semblait figé ci. Aucune trace de vie aux alentours et même les plantes étaient desséchées sûrement à cause du manque d’eau.

Un détail m’interpela alors : il n’y avait aucun bruit. Je n’entendais ni le chant des oiseaux, ni le doux son du criquet avant la tombée du jour, et encore moins les activités humaines si agaçantes. Même Théa et Ladd avaient purement et simplement disparu. Seul sifflement du vent parmi les pierres était audible. Ce silence assourdissant faisait presque peur…

Je me retournai ensuite pour voir comment se portaient les autres et je pus constater avec soulagement que tout le monde était arrivé en un seul morceau même si Trudge et Alice manquaient à l’appel…

-Qu…Qu’est-ce qu’il vient de se passer là ? Bégaya Angéla, les yeux ronds.

-C’était le dragon cramoisi…Lui répondit Darksky en grimaçant à cause de ses blessures. Yusei et les autres ont dû faire appel à son pouvoir pour nous téléporter en lieu sûr…

-Je veux bien admette que nous sommes en lieu sûr…mais où sommes-nous ? Demandai-je alors.

Avec son bras valide, Angela sortit son portable mais soupira et le rangea aussitôt dans sa poche, l’air dépitée.

-Evidemment, il n’y a pas de réseau dans ce trou paumé ; soupira-t-elle.

-Ce n’est pas le plus important, il faut que nous retrouvions Laura et ce Gariatron au plus vite ! S’exclama Darksky.

Cependant, ce dernier fut obligé de mettre un genou à terre tandis que la douleur déformait son visage et Angéla était soudain devenue blanche comme un linge tandis que des gouttes de sang perlaient toujours de son bras.

-Avant tout ça, je pense qu’il faudrait nous reposer si on ne veut pas finir six pieds sous terre avant l’aube ; rétorqua Marie en s’approchant de la jeune fille.

Déchirant un bout de son propre pantalon, la sœur de Darksky créa un bandage de fortune pour Angéla avant de récupérer quelques bois de bois mort et de mettre une attelle improvisée à son frère.

-Interdiction de bouger avant au moins demain vous deux, c’est compris ?

Darksky et Angéla étaient visiblement beaucoup trop fatigués pour répondre et se contentèrent d’accepter leur sort, d’autant plus que la nuit était tombée brutalement.

Nous allumâmes un feu avec les moyens du bord mais nous n’avions aucun vivre et visiblement, rien n’était comestible ici. J’espérai sincèrement que Yusei et les autres ne nous avaient pas téléportés au hasard sans quoi leur intervention n’aurait servi à rien d’autre que d’accélérer notre mort…

Tout le monde s’endormit très rapidement après cela et je décidai de prendre le premier tour de garde. Avec Shadow et Gariatron en liberté, je préférais ne pas prendre le risque de nous faire attaquer durant notre sommeil…

Ainsi, je m’éloignai légèrement du groupe et allai m’installer un peu plus loin, face à la plaine en contrebas et à la montagne au loin puis je lâchai un long soupir après m’être assis.

Et dire que le matin encore, nous nous trouvions dans l’avion et qu’à présent, nous nous trouvions au beau milieu de nulle part, blessés et épuisés, avec un démon dans la nature…

Cependant, l’apparition de ce Gariatron ou l’alliance avec Shadow n’était pas ce qui me préoccupait le plus à ce moment-là puisque je ne pouvais de toute façon rien faire. Non, mon esprit était focalisé sur ce dragon que j’avais invoqué, Ladd…

C’était la première fois que je voyais ce monstre, je ne l’avais même jamais joué et pourtant…pour une raison que je ne pouvais expliquer, je connaissais son apparence ainsi que son nom. Mais c’était stupide, si une telle créature était apparue dans mon monde, ce souvenir m’aurait marqué…Et puis, il y avait cette fille…je la connaissais elle aussi. Cependant, il m’était impossible de lui donner un nom et encore moins de savoir où est-ce que je l’avais rencontrée, comme si une partie de ma mémoire avait été effacée. Mais dans tous les cas, mon cœur avait fait un bond dans ma poitrine en la revoyant, allongée sur le sol, aux portes de la mort…

Soupirait une nouvelle fois, je finis par lever la tête vers le ciel et je pus contempler un ciel totalement dégagé, illuminé par des milliers d’étoiles scintillantes et une pleine lune baignant la montagne de ses doux rayons.

En voyant cela, j’avais vraiment du mal à me dire que, quelque part à l’autre bout du monde, Yusei et les autres se battaient contre les esprits de la terre dans la plus sombre des nuits. Avaient-ils triomphé de ces monstres ? Etaient-ils encore en train de combattre ? Avaient-ils été vaincus ? Tant de questions que je me posais et qui étaient destinées à rester sans réponse à ce moment-là.

J’aurais bien voulu rester combattre à leurs côtés mais je savais également que dans notre état, nous aurions été plus une gêne qu’une potentielle aide et que notre priorité était d’arrêter Gariatron pour mettre un terme à tout cela.

Soudain, j’entendis derrière moi des bruits de pas dans le sol caillouteux et, en me retournant, je vis Angéla s’approcher discrètement de moi, tentant tant bien que mal de ne pas réveiller les autres.

-Et bien alors Drago, tu ne dors pas ? Me lança-t-elle une fois arrivée à ma hauteur.

-Je pourrais te retourner la question ; lui répondis-je en souriant légèrement. Surtout avec ta blessure, tu as besoin de repos…

-Tu parles, c’est justement à cause d’elle que je suis debout ! Rétorqua la jeune fille en gonflant les joues. Je dormais tranquillement et, quand je me suis retournée, je me suis allongée dessus et ça m’a réveillé !

Je ne pus m’empêcher de rire devant son attitude désinvolte et sa manière de raconter les choses qui dédramatisait une situation pourtant critique.

Angéla s’assit à côté de moi et se mit à observer à son tour le ciel étoilé et, au même moment, une légère brise se mit à souffler, faisant onduler lentement les cheveux dorés de mon amie.

Après cela, le silence revint pendant quelques instants avant qu’elle ne reprenne la parole, cette fois-ci d’une voix bien plus sérieuse et mélancolique.

-Sérieusement…J’ai bien cru que j’allais y passer tout à l’heure…Soupira-t-elle.

-Qui n’y a pas cru ; lui répondis-je. Je ne sais pas si nous aurions tenus bien longtemps sans Yusei et les autres…

-Oui…Encore une fois, je n’ai pas réussi à me sauver seule on dirait…

La jeune fille enfouit sa tête entre ses bras en disant cela tandis que je ne savais pas quoi répondre pour la réconforter. Ainsi, nous ne parlâmes pas pendant quelques minutes, restant à contempler cet océan de noir dans le silence le plus total.

-Dis, Drago ; déclara soudain Angéla d’une voix presque inaudible. Je me suis toujours demandée…mais pourquoi combats-tu ? Qu’est-ce qui te pousse à mettre ta vie en danger de la sorte. Pour Darksky, c’est évident…mais toi, je ne comprends pas tes motivations…

-A vrai dire…je ne sais pas vraiment non plus…

La jeune fille me regarda avec des yeux ronds et je reculai, gêné.

-Tu…Ne sais pas ? Répéta-t-elle, interdite. Tu es simplement suicidaire ou bien ?…

-J’imagine que je ne fais qu’accomplir mon devoir…Ou plutôt celui que ma sœur n’a pas pu remplir ; répondis-je en détournant le regard.

-Le devoir de ta sœur ? Répéta-t-elle, interdite.

-Tu trouves ça stupide j’imagine ? Lui demandai-je en riant légèrement.

-Un peu oui…Mais bon, c’est toujours plus noble que les miennes ; continua Angéla en haussant les épaules.

-Vraiment ? Je suis étonné que tu n’affrontes pas Hélios pour une bonne raison…

-Oh, d’un point de vue extérieur, j’ai de bonnes raisons oui…mais ce qui me motive est beaucoup plus égoïste…

Je regardai la jeune fille pendant une seconde, ayant vraiment du mal à la croire et cette dernière soupira tout en baissant les yeux vers la pierre nue de la montagne.

-Je veux simplement…retrouver mes amies…Murmura-t-elle d’une voix remplie de regrets.

Angéla marqua un temps d’arrêt pendant lequel je ne savais pas si je devais intervenir ou non. Elle avait toujours été très mystérieuse depuis que je la connaissais mais c’était la première fois qu’elle m’évoquait réellement son passé en y repensant…

-J’ai été une idiote du début à la fin ; reprit-elle encore plus doucement qu’avant, comme si elle se parlait à elle-même. Je leur ai créé des soucis inutiles et même après ça, elles se sont sacrifiées pour moi alors qu’Hélios…Non, alors que Gariatron avait attaqué notre lycée…Tout ça parce que j’ai été trop sûre de moi, parce que je refusais de regarder la vérité en face et d’admettre mes faiblesses, parce que j’étais trop bornée et orgueilleuse…

Sa voix se brisa et elle marqua un autre temps d’arrêt. Je vis alors une larme cristalline se former au creux de son œil et couler le long de son doux visage, puis deux, puis trois avant qu’un torrent de larmes s’écoule de ses yeux.

-Pourquoi…Pourquoi suis-je incapable de me protéger moi-même ? Pourquoi quelqu’un doit-il toujours se sacrifier pour moi ? Pourquoi est-ce que je cause autant de problèmes à tous ceux qui m’entourent ? Pourquoi suis-je un tel fardeau pour tout le monde…Sanglota la jeune fille tout en esquissant un sourire.

-Je…Je ne peux pas prétendre savoir ce que tu as vécu, Angéla…Mais je peux affirmer que tu es tout sauf un fardeau…Déclarai-je alors.

-Vraiment ? Et qu’est-ce qui peut te faire affirmer ça ? Répliqua-t-elle, étonnée.

-Le fait que je sois là aujourd’hui j’imagine.

Les larmes de la jeune fille cessèrent de couler pendant un instant et elle me fixa intensément, comme si j’étais devenu fou, à un tel point que cela en devint vite gênant et je fus obligé de détourner le regard.

-Et bah…Tu sais…Tu m’as sauvé à l’aéroport quoi…Balbutiai-je, troublé. Sans toi, Hélios m’aurait sûrement anéanti…

-Ah ça…Ce n’était rien, je ne faisais que passer par là…Me répondit-elle en détournant elle aussi le regard.

-Mais le résultat est là, non ?

-J…J’imagine que tu as raison oui ; bégaya-t-elle. Mais ce n’était qu’un coup de chance…

-Vraiment ? Et quand tu as remonté le moral de Darksky alors que Marie était dans le coma ? Ou lorsque tu nous as encouragés à faire confiance à Hélios, c’était de la chance aussi ?

-N…Non, évidemment, mais je ne vois pas où tu veux en venir…

-Simplement que tu n’es pas un fardeau, Angéla. Je ne peux pas parler à leur place, mais je suis persuadé que si tes amies se sont sacrifiées pour toi, c’était justement parce que tu en valais la peine.

Malgré la situation, je réussis à ce moment-là à arracher un petit rire à mon amie et, d’un revers de la manche, elle essuya les quelques larmes qui coulaient encore sur ses joues.

-Peut-être oui…June m’a dit quelque chose de similaire aussi…Mais ça n’empêche pas que je combats plus pour les retrouver que pour les sauver…

-Et alors, en quoi est-ce mal ? M’étonnai-je. Que tu combattes pour toi-même ou pour elle, cela ne change pas que tu les apprécies, n’est-ce pas ?

-Oui…J’imagine que tu as raison ; me sourit-elle enfin.

Mon amie, comme ayant retrouvé toute son énergie et son entrain habituel, se leva d’un bond, me faisant sursauter et levant le poing vers le ciel.

-Tu vas voir Gariatron, je vais venir te chercher et te faire ta fête puis je sauverai mes amies ! Ambre, Maya, je vous fais ce serment, un jour, nous serons à nouveau réunies ! Alors s’il vous plait…attendez-moi…où que vous soyez…

Une étoile filante fendit le ciel à ce moment-là comme pour confirmer sa promesse et je ne pus m’empêcher de sourire à mon tour en voyant cela. Décidemment, Angéla possédait quelque chose de rare et précieux, ce don de faire face à l’adversité la tête haute et d’aller de l’avant sans hésiter. Certains auraient pu voir cela comme de l’inconscience mais pour moi, c’était ce qui faisait sa force et ce dont j’avais moi aussi besoin pour avancer…

Mon amie se retourna alors vers moi et des larmes lui coulaient encore du visage, mais cette fois-ci, ce n’était plus des larmes de tristesse mais de joie.

-Dis-moi, Drago ; enchaina Angéla d’un air gêné cette fois, je me demandais…mais qu’est-ce que tu comptes faire une fois que tout cela sera terminé ? Tu comptes retourner dans ton monde ou bien…

-Terminé ? Tu ne penses pas que c’est un peu trop tôt pour penser à ça alors que nous venons à peine de commencer ce conflit ? Ironisai-je gentiment. Mais dans tous les cas, je ne pense pas retourner chez moi…Il y a trop de souvenirs douloureux dans mon monde, je ne pense pas que je pourrais vivre comme avant…

-Oh, je vois…

Angéla m’adressa un large sourire et croisa les jambes ainsi que les bras dans son dos avant de lever les yeux au ciel.

-Je me disais juste…tu n’as nulle part où aller dans ce monde, n’est-ce pas ?

-C’est vrai…Lui répondis-je en me mordant la lèvre, me rendant moi-même compte de ce détail.

-Dans ce cas, que dirais-tu de venir vivre à Paris ?

J’avalai de travers en entendant cela et je me mis à tousser frénétiquement tandis que la jeune fille éclata de rire en me voyant ainsi.

-Pas chez moi évidemment ; s’amusa-t-elle. Mais Sherry pourrait facilement te trouver un appartement.

-Effectivement, ça me permettrait de ne pas finir dans la rue entre deux poubelles…

-Et puis, tu pourrais faire la connaissance de June, Ambre et Maya aussi comme ça ! Je suis certaine que tu t’entendrais bien avec elles !

-Pourquoi pas, je suis curieux de voir à quoi ressemblent tes amies ; ris-je.

-Tu verras, elles sont toutes exceptionnelles ! Enfin, Maya risque de te bizuter un peu mais tu survivras je pense ! Sauf si elle te fait une prise de catch comme à Aymeric mais c’est une autre histoire ça…

-Pourquoi pendant un instant, j’ai cru que tu avais des amies normales…grimaçai-je en imaginant cette fille comme un bull dog…

Nous éclatâmes de rire en même temps sans pouvoir nous arrêter avant deux bonnes minutes, lorsque nous fûmes à bout de souffle. Mais, pendant ces deux minutes, je pus oublier tous mes soucis et mes angoisses. Gariatron, Shadow, les esprits de la terre, la mort de mes parents, tout avait disparu l’espace de quelques instants, me redonnant l’impression de rire d’un rien simplement avec une vieille amie…

Soudain, la lueur de la lune changea et ses doux rayons se mirent à éclairer la plaine aride devant et ce que je vis me laissa sans voix. La pierre, quelques heures auparavant totalement nue et dénuée de vie, était maintenant d’un vert émeraude et scintillant sous les rayons de la lune.

Je ne pouvais pas dire s’il s’agissait de simples lichens ou d’autre chose…mais je n’avais pas de mot pour décrire ce paysage féérique qui s’offrait à nous.

Je me tournai vers Angéla et je vis qu’elle aussi était émerveillée et que des étoiles dansaient dans ses yeux.

-Des fleurs du Crépuscules ; murmura Angéla.

-Des quoi ? Répétai-je, n’ayant jamais entendu parler de ces fleurs.

-Des fleurs du crépuscule ; répéta-t-elle doucement. Des fleurs qui ne peuvent fleurir que durant un très court moment, juste avant l’aube, et uniquement dans des régions exposées à un très fort rayonnement solaire.

Angéla marqua une pause et se baissa pour en ramasser une avant de la mettre délicatement dans sa poche.

-Maya va être verte de jalousie quand elle va voir ce que je lui ai ramenée…Et dire qu’on s’était perdue en forêt à cause d’elle juste parce qu’elle voulait absolument trouver cette fleur des contes pour enfants et qu’en plus Ambre s’était foulée la cheville…Lança-t-elle avec un sourire nostalgique aux lèvres.

-Tes amies ont l’air vraiment spéciales quand même…

Mais entendre Angéla relater ses aventures fit remonter soudain en moi des vieux souvenirs. Encore une fois, ils étaient très flous et il m’était impossible de les dater ou de les situer mais…Je me voyais, sur le toit d’une école, entouré d’une petite fille sautant dans tous les sens, un garçon grognon et rébarbatif, et cette autre fille aux cheveux bleus comme le ciel de la nuit mais dont le visage ne me revenait pas, comme s’il était dissimulé derrière la brume de mes souvenirs…

Les premiers rayons du soleil pointèrent soudain leur lumière rougeâtre derrière la montagne au loin, faisant scintiller de plus belle les fleurs nocturnes et projetant d’immenses ombres sur la plaine. La fraicheur de la nuit commençait à faire place à une douce chaleur protectrice et réconfortante.

Angéla à côté de moi commença à s’étirer en baillant bruyamment avant de se tourner vers moi en me lançant un regard doux.

-Allez Drago, il est temps pour toi d’aller dormir je pense ; déclara-t-elle en plongeant son regard dans le mien. Ne t’inquiète pas, je vais veiller jusqu’à votre réveil. De toute façon, je n’arriverai pas à retrouver le sommeil maintenant.

Je n’eus aucune objection à cela, me rendant alors compte que j’avais veillé presque toute la nuit et que tous mes membres étaient endoloris.

Sans protester, je me levai et pris la direction de notre camp improvisé. Je me retournai cependant une dernière fois et je vis qu’Angéla s’était assise à ma place et contemplait ce lever de soleil tandis que les étoiles disparaissaient lentement dans le ciel rosé du matin.




Fate is just a word that people use when it’s all over, noone knows what’ll happen until it does!

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le bon temps…

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[fic]: L'Avènement des Dieux posté le [14/11/2017] à 23:18

Laura, à la recherche de l’espoir


Prologue


Spoiler :



Qu’est-ce que l’espoir ? Un sentiment permettant d’avancer et de se surpasser ? Une illusion s’éteignant au fur et à mesure que notre rêve prend fin ? Une malédiction ne laissant que ruine et désolation derrière elle une fois que l’espoir a disparu ? Moi-même je n’ai jamais eu la réponse. Et pourtant, je l’ai cherchée. Longtemps, je me suis accrochée à ce que j’appelais un espoir, mince, éphémère, pouvant se briser à tout instant.

Je savais que je poursuivais une chimère, que mon rêve ne pouvait pas se réaliser, que tout ce en quoi je croyais n’était rien d’autre qu’une création de mon propre esprit. Et pourtant, j’ai désiré aller jusqu’au bout de ce rêve pour une seule et unique raison : je savais qu’une fois réveillée, jamais plus rien ne serait comme avant et que, tout ce qu’il resterait de ces années de bonheur illusoire ne serait que le vide. Je refusais de voir la réalité en quelque sorte.

Cependant, peut-être m’étais-je toujours mal posé la question. Peut-être cherchais-je une réponse à une question qui n’avait pas lieu d’être. Peut-être passais-je à côté de ce qui était le plus important pour moi.

La question que j’aurais dû me poser à ce moment-là n’était pas de savoir ce que je recherchais, mais pourquoi je courais après une chose que je ne connaissais même pas. Pourquoi avais-je besoin de rattacher à cet espoir que je ne pouvais même pas définir à tout prix ?

Néanmoins, il y a une chose dont j’étais sûre : ce jour-là, lors de ce tournoi, alors que j’avais affronté ce garçon qui semblait perdu et désorienté, pour la première fois, j’avais eu la sensation d’avoir trouvé ce qu’il me manquait. C’est en voyant ce dont il avait besoin que j’avais pu comprendre à quel point nous étions similaires tous les deux et j’avais pris exemple sur lui, recherchant ainsi désormais l’espoir, sans même savoir pourquoi, simplement parce qu’il avait l’air heureux en croyant en ce sentiment dont j’ignorais tout…


Tout en pensant à toutes ces choses, je contemplai ce coucher de soleil que j’avais si souvent vu ces dernières années pour la dernière fois. Comme toujours, il était magnifique. Voir l’astre rougeoyant plonger dans une mer de feu et disparaitre lentement pour faire place à la lune m’apaisait et ce jour-là encore, je comptais bien en profiter jusqu’au bout.

Tout était calme, comme toujours sur la falaise. Ce petit coin de terre était mon endroit, ma base secrète, le seul endroit où je savais que je n’allais jamais être dérangée.

Dan était hors d’état de nuire, je savais que la relève allait être assurée même après mon départ et je ne m’inquiétais pas de ce détail. J’avais envoyé des lettres à mes amies pour les prévenir et nos valises étaient faites, prêtes à être embarquées. Il ne me restait désormais plus qu’une chose à faire, chose que j’avais désespérément repoussée jusqu’au dernier moment…

Je souris légèrement lorsque j’entendis des pas sur les cailloux derrière moi et la respiration saccadée de mon ami mais je ne me retournai pas tout de suite, serrant contre mon cœur ce qui allait être mon ultime cadeau.

Je ne voulais pas partir…Je voulais rester avec lui, que nous continuions à nous amuser tous les deux, à remettre Dan à sa place, à rire à l’école pour toujours, et pourtant, après avoir détourné le sujet pendant longtemps, je fus obligée de prononcer ces quelques mots qui scellèrent mon destin :

« -Prends soin de toi Darksky…Et adieu… »

Puis je disparus de sa vie et lui de la mienne. Du moins, je le croyais…




Laura : Un nouveau départ


Spoiler :



La sirène du bateau siffla bruyamment, signe de notre départ imminent. Les hautes cheminées commencèrent à cracher une épaisse fumée noire qui se rependit tout autour de nous à cause d’un vent fort soufflant dans notre direction.

J’étais sur le pont supérieur et je regardai au loin, retenant mes cheveux avec mes mains. Derrière ces montagnes imposantes devait se tenir Darksky. Je m’en voulais vraiment de lui avoir annoncé la nouvelle aussi brutalement, mais je n’avais pas eu le courage de lui dire avant.

J’aurais préféré que ce jour n’arrive jamais, que nos soirées sur la falaise durent toute l’éternité ou au moins lui avoir donné un espoir…Mais tout ce que j’avais pu lui laisser comme souvenir était une simple carte ainsi qu’une promesse que je ne pourrais même pas tenir, et en échange, je lui avais brisé le cœur…

Le bateau se mis en mouvement et je vis la côte s’éloigner peu à peu. Et plus je m’en éloignais, plus Darksky s’éloignait lui aussi. La falaise ne devint bientôt plus qu’un minuscule point à l’horizon et la ville que j’appréciais tant commençait à disparaitre également.

Je détournai le regard, incapable de contempler ce paysage qui m’était si familier plus longtemps en sachant que je ne le reverrai jamais. Laissant le reste de ma famille sur le pont, je rentrai donc à l’intérieur du bateau afin de me changer les idées.

Je me trouvais au sixième étage, étage du restaurant et de la salle de spectacle pour le soir. Mon ventre gargouilla alors et je me rendis compte que je n’avais pas mangé depuis le matin et était bientôt seize heures. Je décidai donc d’aller acheter quelque chose au bar.

La salle était assez spacieuse, avec des banquettes à l’air confortables, des chaises et des tables pour se reposer après un bon repas, ce que certaines personnes faisaient d’ailleurs et une grande piste de danse au milieu, fermée pour le moment.

Il y avait peu de monde, si bien qu’un silence de mort y régnait mais cela m’arrangeait. Je n’avais pas la tête à être dans le bruit et l’agitation à ce moment-là.

Je m’assis à une table dans un coin et, à peine après avoir pris la carte des boissons dans mes mains qu’un serveur à l’aspect particulier vint se coller devant moi. Il était grand, au visage fin et aux cheveux bruns et longs qui lui tombaient sur l’œil, comme s’il avait essayé de se faire une coupe banane mais que son gel n’avait pas tenu la journée.

Ce dernier me regarda avec insistance de son œil vert et cela me mit si mal à l’aise que je commandai la première boisson que je réparai sur la carte.

Le serveur resta encore quelques instants devant moi, comme si l’information avait du mal à parvenir jusqu’au cerveau avant de partir et de revenir quelques instants plus tard avec un simple verre d’eau dans lequel trempait une tranche de citron.

Tout en sirotant cette eau citronnée, je me mis à regarder par le hublot du restaurant la vue que l’on avait. Elle avait assez peu changé depuis notre départ, à l’exception que la ville avait disparu et que la côte ressemblait désormais à un vulgaire tas de rochers.

Ne sachant que faire, je sortis mon deck de duel afin de faire le point. Cependant, je ne pouvais pas regarder une seule carte sans que les souvenirs de mes duels avec Darksky ne me reviennent à l’esprit. Ainsi, je me perdis dans mes souvenirs pendant presque une heure, regardant chaque carte avec nostalgie, me rappelant comment je l’avais utilisée par le passé.

Lorsque je me rendis compte du temps qui passait, je me levai d’un bond en rangeant mes cartes. Il fallait vraiment que je me change les idées, ce n’était vraiment pas bon pour moi de me perdre ainsi dans le passé…

Je finis donc en vitesse cette eau citronnée et j’allai explorer les autres étages du navire.

Au pont cinq se trouvait un autre restaurant, au pont quatre une salle de jeu pour les enfants, les ponts inférieurs étaient réservés aux véhicules.

Je remontai ensuite vers la dernière partie que je n’avais pas encore explorée, l’endroit appelé « solarium ». Lorsque j’ouvris la porte qui y menait, je compris tout de suite d’où lui venait son nom.

Le soleil m’aveugla complètement quelques instants dès que je mis un pied à l’extérieur et, lorsque je recouvris la vue, ce que je vis m’émerveilla.

Il y avait là une immense piscine chauffée, avec même des toboggans géants et un mini sauna. J’avais bien envie d’y faire un tour mais quelque chose derrière attira encore plus mon attention. Je me rapprochai pour mieux voir et mon instinct ne m’avait pas trompé. Il y avait là plusieurs terrains de duels, ainsi que de nombreux joueurs qui semblaient tous s’amuser et passer du bon temps.

Une envie irrésistible de me joindre à eux me prit immédiatement mais, lorsque je ne fus qu’à quelques mètres du premier terrain, je me sentis comme perdue.

J’eus un moment d’hésitation en revoyant dans cet endroit le parc où j’avais retrouvé Darksky après le tournoi. Le soleil brillait aussi fort ce jour-là et une même ambiance de rivalité et d’amitié y régnait. Une main se posa sans prévenir sur mon épaule alors que j’étais encore perdue dans mes pensées et me fit sursauter.

-Eh bien Laura, qu’attends-tu pour les rejoindre ? Ce n’est pas ton genre de refuser un duel ; déclara mon frère d’une voix amusée.

-Arthur, tu pourrais prévenir avant de faire ça ! Protestai-je en me dégageant et en gonflant les joues de frustration.

-Désolé sœurette mais nos parents m’ont demandé de voir si tout allait bien. Ils ne te trouvent pas dans ton assiette en ce moment, et moi aussi je trouve que tu as l’air différente.

-Non, ce n’est rien, je t’assure…mentis-je.

-Allons, je vois bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas, tu en veux aux parents de nous avoir embarqués dans cette histoire de déménagement sans nous demander notre avis ? S’inquiéta-t-il.

-Non, ce n’est pas ça non plus…

Etrangement, les mots ne vinrent pas. Et pourtant, mon frère était un peu comme mon confident quand les choses allaient mal. Grace à lui, j’arrivai à être toujours de bonne humeur et je pouvais surmonter toutes les épreuves, comme le jour où j’avais échoué à une audition de piano…Mais Darksky était mon secret, un secret beaucoup trop lourd pour être révélé à qui que ce soit…

Il fronça les sourcils, un peu étonné de ma réponse mais n’en demanda pas plus. Il savait que, lorsque je refusais de parler de quelque chose, c’était inutile d’insister.

-Bien, si tu nous cherches, nous sommes dans la cabine 45 au pont 4. Tu devrais vraiment venir la voir, elle est formidable ; dit-il en me souriant avant de me laisser seule.

-Oui, je vous rejoins plus tard !

Mon frère disparut rapidement dans la foule, me laissant à nouveau seule. Cependant, je ne restai pas plus longtemps dans cet endroit, de peur que d’autre souvenirs avec Darksky ne ressurgissent et ne me paralysent une nouvelle fois.

Marchant au hasard pendant deux bonnes minutes sans vraiment regarder où j’allais, je finis par me retrouver devant un large escalier qui semblait mener à la salle des commandes. Je savais bien que je n’avais pas le droit d’y entrer mais voir la porte entrouverte et des dizaines de boutons clignoter attisèrent ma curiosité.

Après avoir bien regardé de tous les côtés pour m’assurer qu’il n’y avait vraiment personne, je décidai de rentrer à l’intérieur de la cabine.

Elle était beaucoup plus grande que ce que j’aurais imaginé. Il y avait certes le tableau de bord rempli de cadrans avec des aiguilles indiquant des chiffes, des boutons de toutes les couleurs et d’autres appareils dont j’ignorai l’utilité mais, à côté, il y avait également une sorte de coin salon avec trois fauteuils, un bar à vin, une bibliothèque ainsi qu’une autre pièce, fermée à clé.

Rapidement, je me mis à toucher à tout, allant même jusqu’à m’asseoir dans l’un des fauteuils qui me parut étonnement agréable. Le capitaine de ce navire avait décidemment bon gout.

Depuis mon siège, je décidai d’admirer un peu plus en détail la pièce et je vis rapidement de nombreux trophées, quelques filets de pêche et d’autres ustensiles reliés à la navigation.

Mais, alors que j’étais perdue à admirer le décor, une forte odeur de tabac derrière moi me parvint jusqu’aux narines et mon sang se glaça.

Je devinai sans grand mal que le capitaine du navire était de retour et qu’il n’allait pas apprécier que je me prélasse dans ses quartiers…Je n’osai plus faire un seul mouvement, espérant sans grand espoir qu’il allait repartir sans me remarquer.

Malheureusement, j’entendis des pas se rapprocher et je commençai déjà à me chercher une excuse pour ne pas causer de problème…

Mon cœur battait à tout rompre, des gouttes de sueur perlaient de mon front et tous mes membres tremblaient et, n’en pouvant plus, je sautai du fauteuil pour avouer ma faute avant que les choses ne dégénèrent.

-Dé…Désolée de m’être introduite dans votre cabine ! M’exclamai-je en m’inclinant devant lui.

L’homme sursauta et tomba à la renverse en me voyant. Je me sentis néanmoins un peu gênée pour lui lorsque je le vis étalé par terre de tout son long, le regard encore choqué.

Il s’agissait d’un homme âgé de la quarantaine, assez corpulent et eux cheveux grisonnant coupés court. Il portait l’habit habituel des capitaines de navire comme on pouvait se l’imaginer dans les livres et à côté de lui trainaient sa pipe et sa casquette, tous les deux tombés en même temps que lui.

Ce dernier me regardait avec plus d’incompréhension et de surprise dans ses petits yeux gris que de colère.

-Qu…Qu’est-ce qu’il vient de se passer ? Bafouilla-t-il toujours à terre.

-Je…Je me suis introduite dans votre cabine sans votre permission, capitaine, j’en suis…

Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase que l’homme se releva et éclata de rire pendant une bonne minute sans que je puisse l’arrêter…ce qui me mit assez rapidement mal à l’aise, ne sachant pas si je devais en profiter pour m’éclipser ou attendre qu’il ait terminé.

Finalement, le marin se releva et s’assit sur son siège de commandant du navire avant de me fixer d’un œil intrigué.

-Et bien, ce n’est pas tous les jours que je reçois de la visite ! S’exclama-t-il en remettant sa casquette. Yohoho matelot, moi c’est Nico ! Je suis le capitaine de ce navire !

-Oui, ça je m’en serais douté…Lui répondis-je en grimaçant.

-Alors, quel bon vent amène une enfant dans ici ? Tu rêves de piloter ce beau navire ? S’exclama-t-il, l’œil brillant.

-Pas…Pas vraiment…Dis-je en détournant le regard, un peu gênée.

Le regard du capitaine s’assombrit et un air triste passa sur son visage pendant un instant et, voyant cela, je me repris immédiatement.

-Mais je veux bien savoir comment faire tant que je suis là !

Le vieil homme se leva d’un bond et commença à me montrer toutes les commandes d’un air enthousiaste. Je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’il racontait mais je me contentai d’acquiescer à chacune de ses phrases, histoire d’éviter qu’il se souvienne que je m’étais introduite ici sans aucune autorisation…

Cependant, plus le temps passait et plus je commençais à apprécier ce vieil homme. Certes, il n’était pas des plus intéressants à me parler de voiles, gouvernail et moteur, mais la joie qu’il communiquait lorsqu’il en parlait fit que je finis par me prendre au jeu et à m’intéresser un peu à ces histoires de navigation.

Finalement, après une bonne heure, le capitaine se rendit soudain compte qu’il avait du travail et me laissa seule dans sa cabine, partant précipitamment je ne sais où…

Je ne savais pas trop quoi penser de cette petite visite. D’un côté j’étais bien contente de ne pas m’être faite attrapée et de l’autre…je me mis à vraiment craindre pour la sécurité de tout le monde sur ce bateau sur le capitaine laissait rentrer n’importe qui dans le poste de pilotage !

Ne cherchant pas à comprendre davantage, je décidai de retourner à la cabine. Lorsque je mis le nez dehors, un vent glacial plaqua mes cheveux contre mon visage et une forte odeur de sel parvint jusqu’à mes narines. Cela se faisait ressentir que je n’étais plus sur les côtes françaises et que nous approchions de l’Angleterre, rien qu’en regardant le temps qui se couvrait déjà…

Je me protégeais du froid comme je pus en refermant mon gilet et mettant mes mains dans poches et prit le chemin du retour. Il devait être aux alentours de six heures et demi du soir. Cet entretien avec le capitaine avait pris plus de temps que prévu, sachant que je comptais y rester à peine trente secondes…

Avant de retourner à l’intérieur du navire, je jetai un dernier regard vers la côte. Elle avait complètement disparue à présent, nous devions être trop loin et il faisait beaucoup trop sombre…

Les couloirs étaient inondés de monde, tous voulant assister au spectacle qui avait lieu dans plus de trois heures, mais qui, selon les journaux de bord, valait vraiment le détour mais je n’essayai même pas de savoir de quoi il s’agissait. S’il y avait bien une chose que je n’avais pas envie de faire, c’était de regarder une tragédie mielleuse.

Rapidement, je fus devant notre cabine et, lorsque e frappai à la porte et mon père vint m’ouvrir aussitôt, l’air vraiment pressé.

-Ah, te voilà Laura. Dépêche-toi de te préparer, nous devons y aller bientôt !

-Vraiment ? Et que devons-nous faire exactement ? Sauter à la mer ? Ironisai-je.

-Nous sommes invités à la table du capitaine pour le diner, c’est un homme très respectable et qui ne possède pas un grand sens de l’humour, particulièrement en matière de ponctualité.

Je restai de marbre devant cette affirmation. J’hésitai à lui parler de ma rencontre avec lui mais, connaissant mon père, il allait encore faire tout un plat de mon intrusion dans le poste de pilotage…Je décidai donc je laisser passer cela, pensant qu’il allait le découvrir bien assez tôt.

Ma mère arriva peu de temps après et me tendit une longue robe blanche en dentelle, avec une fleur rose cousue au niveau de la taille, ainsi qu’une paire de chaussures à talon et un serre-tête…

Je détestai porter ce genre de vêtements ! Pour moi, ils étaient associés à de longues discussions ennuyeuses sur le travail de mon père ainsi que des repas bien trop sophistiqués à mon gout…Cependant, encore une fois, ma mère ne voulut rien entendre malgré mes protestations.

A contrecœur, je me changeai après avoir pris une bonne douche puis j’enfilais ma robe, qui était trop grande pour moi au passage, si bien qu’à chacun de mes pas, je manquais de tomber par terre et les talons n’arrangeaient rien…Heureusement que Darksky n’était pas là pour me voir car cela m’aurait suivi pendant longtemps…

Au moment de sortir tous ensemble, Arthur rentra dans la pièce tout essoufflé, comme s’il avait couru en faisant plusieurs fois le tour du bateau. Il portait un beau costume noir, constitué d’un pantalon assez élégant et d’une veste surmontée d’un nœud papillon qui gâchait vraiment tout l’ensemble mais je me retins de dire quoique ce soit étant donné mon serre-tête.

-Sérieusement, tu étais vraiment obligé d’oublier le cadeau pour le capitaine dans les bagages ? Souffla-t-il, manquant de s’écrouler.

-Et bien, cela aurait été dommage que l’ambassadeur commence sa carrière en oubliant les cadeaux qu’on lui fait, non ? Répondit mon père en haussant les épaules.

-Si tu le dis…Maugréa Arthur, peu convaincu.

Sur ces joyeuses notes, nous remontâmes vers la salle de restaurant, mais au lieu d’aller au bar comme je l’avais fait, nous nous dirigeâmes vers une autre salle derrière.

Lorsque je franchis la porte, l’ambiance y était totalement différente. Des colonnes en or, ou du moins dorées, ornaient chaque coin de la salle et le plafond était peint de façon à ce qu’il ressemble à une nuit étoilée par une belle soirée d’été tandis qu’au sol se trouvait une élégante moquette rouge. Les chaises avaient été remplacées par de luxueuses banquettes, bien plus belles qu’au bar, et les tables étaient déjà mises comme si elles nous attendaient.

Il y avait peu de monde mais je me sentis tout de suite mal à l’aise ici, exactement comme dans toutes les réunions dans lesquelles mon père nous emmenait parfois. Je sentais que les gens n’étaient pas sincères ici…

Je repérai assez rapidement le capitaine un peu plus loin en grande conversation avec un jeune couple à l’air prétentieux, mais nous devions avoir l’air pas mal non plus dans nos costumes. Nos parents s’avancèrent vers lui d’un pas décidé et, lorsqu’il me vit, ce dernier quitta brusquement sa conversation pour venir à nous, un large sourire aux lèvres.

-Bonsoir monsieur et madame Garden, c’est un honneur de vous avoir parmi nos hôtes ce soir ; dit-il avec une révérence presque grotesque.

Mon père parut un peu déconcerté par ce geste déplacé mais continua comme si tout était normal.

-Bonsoir capitaine, c’est à nous de vous remercier de votre hospitalité sur votre magnifique navire.

-Allons monsieur, ne soyez pas aussi solennel avec un vieux loup de mer comme moi ; s’exclama le capitaine en lui donnant une grande tape dans le dos comme à un vieil ami.

-Euh…oui, bien entendu…S’étonna mon père…Mais je vous présente ma femme, Jessica, et mes enfants, Laura et Arthur.

Mon frère s’avança pour lui serrer la main mais le capitaine ne le remarqua même pas, portant toute son attention sur moi.

-Ainsi donc, cette charmante demoiselle est votre fille, intéressant…Dit-il avec un sourire malicieux en se grattant la barbe.

-Vous vous connaissez déjà ? Dit mon père un peu surpris.

-Et comment ! La petite s’était perdue et s’est retrouvée dans la salle des commandes ; s’exclama-t-il en me faisant un clin d’œil complice.

-Je suis vraiment désolé capitaine, j’espère qu’elle ne vous a pas trop embêté, elle peut être fatigante parfois…

-Comment ! M’écriai-je presque offensée.

-M’embêter ? Moi ? Vous plaisantez j’espère, votre fille est charmante, sympathique et elle m’a fait bien rigoler avec son air apeuré quand elle est rentrée ! Je suis même tombé par terre lorsque je l’ai vue, je ne m’attendais pas du tout à voir quelqu’un là !

Il se mit à rire de plus belle. Mon père ne savait vraiment plus où se mettre mais me lança tout de même un regard noir. Heureusement que j’y étais préparée, car sinon, j’aurais sûrement été comme lui. Arthur semblait vexé d’avoir été ignoré de la sorte et boudait dans un coin.

Quand le capitaine eut enfin fini sa crise, il nous proposa de passer à table, ce que nous acceptâmes volontiers. Je serais bien incapable de décrire avec précision ce que nous avions pris comme je n’en avais aucune idée, mais une chose était sûre, c’est que tout était délicieux. Le diner se passa sans rebondissement et mon père avait l’air d’avoir compris la vraie personnalité du capitaine et essayait tant bien que mal de comprendre son humour très spécial.

Pendant ce temps, je parlais avec ma mère et Arthur de notre nouvelle vie à Londres. J’appris que nous serions dans un collège français, et que par conséquent, nous n’aurions pas à apprendre l’anglais. Nous aurions aussi une maison dans la banlieue de Londres et que nous aurions besoin de prendre le bus tous les matins pour nous rendre à l’école. Ma mère nous parla également rapidement des activités à faire et de quelques contacts qu’elle avait gardés mais je n’écoutais que d’une oreille cette partie-là.

A la fin du repas, soit deux heures plus tard, le capitaine nous proposa de venir voir le spectacle avec lui.

-Non, non, nous ne voudrions pas abuser de vous ; lui dit ma mère.

-Mais non, je serais très heureux que vous veniez avec moi justement, et puis, j’ai déjà pris des places pour vous.

Mon père n’eut d’autres choix que d’accepter son offre et je suivis ma famille en trainant les pieds. Cependant, le spectacle était tout, sauf ce à quoi je pensais. Il s’agissait d’un banal tournoi de duel de monstre sur le bateau, organisé par des joueurs aux deck et aux costumes pour le moins extravagants mais pas ennuyant à regarder, si bien qu’une fois de plus, je finis par me prendre au jeu et le capitaine du le remarquer car ce dernier se leva entre deux duels et parla dans un micro se trouvant là.

-Votre attention s’il vous plait, c’est votre capitaine qui vous parle.

Tous les regards se tournèrent vers nous et je me fis toute petite, sentant qu’il allait faire quelque chose qui n’allait pas me plaire.

-Tout d’abord, merci de voyager sur notre compagnie, je suis très heureux de vous avoir tous ici ce soir. Il y a ici une jeune fille du nom de Laura qui aurait très envie d’affronter l’un de vous !

Je me mordis la lèvre et tentai de m’enfuir avant que les choses ne dégénèrent mais mon frère, amusé par la situation, me retint par la manche et m’obligea à rester.

-Tu ne vas quand même pas nous fausser compagnie maintenant ; railla-t-il d’un air malicieux que je détestais quand il m’était adressé.

Comprenant qu’il était inutile de résister, je me contentai de me rasseoir, espérant simplement que tout cela se termine rapidement.

-Que ceux qui se sentent assez forts pour l’affronter montent sur scène !

Des murmures s’élevèrent de toutes parts, tous se demandant ce que j’avais de si spécial pour interrompre le spectacle et je me pris la tête dans les bras, soupirant déjà d’avance à l’idée de ce duel qui n’avait pas lieu d’être.

Un homme se détacha alors de la foule et, même s’il s’était changé entre temps et portait désormais un grand impair marron et un chapeau gris, je reconnus immédiatement le serveur du bar.

-Ah, je vois que monsieur est volontaire ! S’exclama le capitaine d’un ton enjoué. Quel est votre nom ?

-Appelez-moi Josue ; répondit-il sans intonation.

Je fronçai les sourcils en entendant cela. Je n’étais pas folle…ce type était bien le serveur du bar…alors comment cela se faisait-il que le capitaine ne le connaisse pas ? Je sentais qu’il y avait quelque chose de louche dans cette histoire mais, pressée par les cris de la foule et par mon frère, je descendis sur la piste avec mes cartes pour affronter cet homme.

-Bien, que le duel commence ! Cria le capitaine dans son micro.

-Je prends la main ; commençai-je, désireuse d’en finir au plus vite… Je commence en défaussant mon hérisson à boulon pour invoquer hors la loi synchronique. Ensuite, j’active l’effet de mon hérisson : comme je contrôle un monstre syntoniseur, je peux l’invoquer spécialement depuis le cimetière. Mais ce n’est pas tout, j’active maintenant l’effet du guerrier double qui se trouve dans ma main : comme j’ai invoqué un monstre depuis mon cimetière, je peux l’invoquer spécialement. Je synchronise le hors la loi synchronique avec le guerrier double afin d’invoquer le Guerrier nitro, ce qui me donne droit à 2 jetons en cadeau. Je pose une carte face cachée et je termine mon tour. A vous Josue !

-J’aurais cru à un duel plus intense, mais ce n’est pas grave, je m’en satisferai ; grommela-t-il en tirant sa carte.

-Allez-y, faites mieux si vous vous en pensez capable !

-Pas de problème. Je pioche et j’invoque octo paralyseur. Comme il est sur le terrain, ton guerrier nitro ne pourra plus attaquer ni être sacrifié !

-Et alors ? Il est toujours plus fort que votre poulpe !

-C’est ce que l’on verra. J’active téléporteur d’urgence pour faire venir sur le terrain le commandant psychique en mode attaque. J’active ensuite laboratoire de rechercher cérébrale. En plaçant un compteur sur elle, je peux invoquer un autre monstre psychique directement depuis ma main et je choisis le docteur cranium.

-Il est bien joli mais il ne sert à rien…

-C’est ce que tu penses. Je synchronise le commandant psychique avec docteur cranium et octo paralyseur afin de faire venir sur le terrain ma carte maitresse, j’ai nommé l’archdémon du monde mental !

Un monstre affreux ressemblant vaguement à un démon orangé apparut sur le terrain et souleva un vent violent qui fut suffisant pour faire tomber quelques verres qui se trouvaient non loin. Encore quelque chose qui n’était pas normal…Les hologrammes n’étaient pas fait pour être aussi réalistes…

-Maintenant, voilà lueur du futur. Je retire donc l’octo paralyseur du cimetière pour que mon archdémon gagne 800 points d’attaque. Aller archdémon, détruis son guerrier !

-Pas si vite, j’active épouvantail de ferraille pour annuler votre attaque !

-Tu ne fais que retarder l’inévitable…Je pose une carte face cachée je termine ainsi mon tour.

-Donc c’est à moi, je poche…

Lorsque je vis la carte que je venais de tirer, je sus que la partie était terminée…Mais cela impliquait de faire venir ma carte maitresse sur le terrain. Etait-ce vraiment une bonne idée de dévoiler ainsi mon jeu ? Après tout, sa carte face cachée aurait pu être dangereuse. Mais si je ne le faisais pas, j’allais subir un maximum de dégâts au tour suivant…

-J’invoque donc spore en mode attaque. Je le synchronise avec le guerrier nitro avec un jeton pour invoquer…

Je me souvins tout à coup que cette carte, je ne m’avais plus en ma possession. Je l’avais donnée à Darksky en cadeau d’adieu…J’allais devoir improviser…

-Je disais donc, je les synchronise afin d’invoquer larve de brume sur le terrain, et grâce à son effet, je revois dans votre main l’archdémon, le laboratoire et votre carte face cachée !

-Non d’un androïde magique ! S’étrangla l’homme en écarquillant les yeux. Comment as-tu su que je jouais le mur de fer…

-Bonne question…Mais ce n’est pas important. Comme votre labo est parti en fumée, vous recevez 1000 points de dommage

Josue : 3000 – Laura : 4000

-Maintenant, je passe mon hérisson à boulon en mode attaque et…et bien vous avez perdu je crois car je vous attaque avec mes deux monstres !

Josue : 0 – Laura : 4000

Un tonnerre d’applaudissement s’éleva parmi la foule lorsque le capitaine annonça ma victoire écrasante. Mais je n’étais pas satisfaite de cette victoire. Il y avait quelque chose qui m’avait manqué durant ce duel…

Je m’avançai pour serrer la main à mon adversaire comme je le faisais à la fin de chaque duel, mais en m’approchant, ce dernier se contenta de me tourner le dos et de partir sans demander son reste, disparaissant dans la foule qui s’était réunie autour de nous…

-Bien joué Laura, tu lui as réglé son compte comme il le fallait ! Me félicita mon frère, me tirant de mes pensées.

-J’avais raison de vous faire combattre ; dit le capitaine un grand sourire aux lèvres. Vous êtes vraiment incroyable et je suis sûr que le public aura bien préféré un duel réel plutôt que des comédiens qui laissent à désirer, il faut le dire…

La soirée se termina dans une ambiance joyeuse et détendue. De nombreuses personnes du public vinrent eux aussi me féliciter pour leur avoir donné un beau spectacle, d’autres vinrent me défier mais perdirent toutes chacun leur tour. Mais tout comme durant mon duel contre l’homme mystérieux et depuis mon départ, je sentais comme un vide en moi en les disputant.

Cela ne m’était jamais arrivé auparavant, du moins, pas depuis longtemps. J’avais appris à savourer chaque instant, chaque carte jouée, chaque action faite lors de mes duels, mais depuis que j’avais quitté Darksky, tout cela s’était envolé, évaporé lors de notre dernière rencontre sur la falaise…

En pensant à cela, l’émotion me subjugua et je dus sortir. J’avais besoin d’être seule…

Une fois dehors, l’air froid et humide de la mer me fouetta aussitôt le visage comme une lame glacée. Je grelottais dans ma légère robe de soie blanche et je n’avais rien pour me protéger, mais au moins, j’étais sûre d’être tranquille sur le pont à une heure pareille.

Il devait être aux alentours de deux heures du matin. Tout était calme. Le bruit du bateau avançant sur les flots et le clapotis des vagues se fracassant avec violence sur la coque étaient les seuls sons que l’on pouvait entendre. Même les rires de la soirée semblaient inaudibles dans le silence de la nuit.

Je trouvai un endroit agréable vers l’avant du bateau et je m’assis là, à même le sol et je commençai à réfléchir.

Cela faisait à peine un jour que j’avais dit adieu à Darksky, et pourtant, j’avais l’impression qu’une éternité s’était écoulée.

Etrangement, rester seule dehors, assise dans le froid et exposée au vent sans que personne ne vienne me déranger me rappela ces jours que je passais autrefois sur la falaise alors que j’essayais de fuir la réalité.

Ce que je ressentis à ce moment-là, je ne l’avais plus ressenti depuis ma rencontre avec Darksky en y repensant. C’était vraiment grâce à lui que j’avais pu prendre un nouveau départ et oublier tous mes tracas liés au travail de mes parents.

J’avais toujours été si seule…Je ne faisais que cacher mon mal derrière un faux sourire mais, lorsque je l’avais affronté pour la première fois dans ce tournoi, pour la première fois, j’avais réussi à vraiment apprécier ce jeu…

Je repensai alors à son cadeau d’adieu que j’avais conservé précieusement sans le lire, de peur de le perdre ou de l’abîmer et je le sortis de ma poche.

Je dépliai le petit bout de papier et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je trouvai à l’intérieur un poème, ou peut-être une chanson qui sait, écrit de sa main.

La quasi pleine lune me permis de voir distinctement tout ce qui était marqué et je commençai ainsi à lire.

« Je marcherai seul sous la pluie,

Avec mon cœur endolori

Je continuerai de rêver que tu es toujours à mes côtés

Ta présence me redonnait foi

Cet amour, il n’était que pour toi »

Je souris bêtement en lisant ces quelques lignes. En temps normal, je me serais bien moquée de lui si j’avais trouvé ce poème un jour dans la cour de l’école ou dans son bureau, mais ce soir-là, seule sur le pont de ce bateau, mon cœur battait la chamade en pensant que Darksky avait écrit ces mots pour moi…

« Mais tôt ce matin endormi

J’ai compris que tu étais partie.

J’ai cru que nous pourrions rester

Enfantins pour l’éternité

Ce n’était qu’une hallucination

Une illusion… »

Je sentis tout à coup les larmes me monter aux yeux et je fus obligée d’arrêter ma lecture. Ainsi, il savait déjà qu’un jour, nous nous séparerions, et pourtant, il avait continué à passer autant de temps avec moi tout en sachant que ces jours ne pourraient pas continuer éternellement…

J’avais toujours pensé que c’était moi qui lui donnais la force d’avancer et de surmonter la mort de ses parents…mais en réalité, c’était lui qui me soutenait plus que n’importe qui. Sans lui, j’aurais continué à me cacher derrière ces faux sourires et ces rires forcés !

Comment avais-je pu ne pas m’en rendre compte plus tôt ? Comment avais-je pu être aussi aveugle ? Si égoïste ? Je n’avais pensé qu’à moi, qu’à ce que notre séparation pourrait me faire, sans penser réellement à ce qu’il aurait pu ressentir lorsque je lui ai annoncé mon départ…

Tout ce qui m’importait était de repousser au maximum ce jour, non pas pour le préserver mais pour me voiler la face et croire que ces jours seraient éternels alors que lui, au contraire, avait conscience de cette réalité plus que n’importe qui…

Je ne pus me contenir plus longtemps et je laissai le flot de larmes en moi se déverser comme un torrent incontrôlable. La nuit résonnait de mes plaintes, et les étoiles étaient les seuls témoins de ce que je vivais en ce moment.

Je lançai un appel dans le vent, chuchotant dans les ténèbres, espérant qu’il puisse le porter jusqu’à Darksky, lui dire à quel point j’étais désolée, que si j’avais la possibilité de tout recommencer, que si je pouvais réécrire l’histoire, je le ferais sans hésiter, et cette fois-ci, je saurais être à la hauteur.

-Si seulement je pouvais juste croire aux miracles, Darksky…Je réécrirais l’histoire…je ferais tout pour te montrer une toute autre personne que l’égoïste que tu as connue et je te dirais les mots que je n’ai jamais pu te dire…Murmurai-je en serrant ce minuscule bout de papier contre mon cœur au risque de le froisser.

-C’est un bien beau souhait que de vouloir refaire l’histoire pour l’être qui nous est cher ; dit soudain une voix derrière moi.

Je me retournai brusquement, et je vis le capitaine s’approcher de moi avec un sourire malicieux aux lèvres ainsi qu’une pipe à la main. J’espérai sincèrement qu’il ne m’avait pas entendue me plaindre mais à en juger par ses mots, j’en doutais fort…

-Désolé si je t’ai encore une fois surprise, j’étais sorti fumer et j’ai entendu quelqu’un pleurer sur mon navire. Je n’imaginais pas un instant qu’il pouvait s’agir de toi mon enfant ; continu a-t-il d’une voix plus douce.

-Ce…Ce n’est rien ; lui répondis-je en essuyant mes larmes d’un revers de la manche.

Le capitaine vint se placer à côté de moi et regarda fixement un point dans les ténèbres de la nuit. Son expression s’était tout à coup durcit. Il n’avait plus du tout son air décontracté et plaisantin comme lors du diner. Au contraire, il semblait pensif et triste et semblait tout à coup avoir pris dix ans à cause de la fatigue se reflétant dans ses yeux gris et remplis de regrets.

J’attendis quelques instants qu’il brise le silence, mais à ma grande surprise, il ne dit rien de plus, comme s’il était totalement perdu dans ses pensées. Je pris alors la parole, déconcertée par son attitude.

-Capitaine, vous avez dit de refaire l’histoire pour l’être aimé…

-Désolée, Laura, ça m’a échappé. Je ne veux pas t’embêter avec mes histoires qui n’intéressent que moi ; me répondit-il sans me regarder.

J’hésitai un instant à me confier à lui. Après tout, je ne le connaissais que depuis quelques heures et encore, je ne lui avais pas vraiment parlé mais quelque chose en lui m’inspirait la confiance. C’était peut-être stupide mais c’était un sentiment que je ne pouvais expliquer à ce moment-là.

-Dites-moi, capitaine ; commençai-je en me relevant et en m’installant à côté de lui, cela vous est déjà arrivé de vouloir réécrire l’histoire vous aussi ?

-Plus de fois que tu ne le crois ma chère enfant ; me répondit-il dans un soupir. Vois-tu, il y a longtemps, lorsque je devais avoir vingt ans, j’avais deux amours dans la vie : la mer…et une femme du nom de Silène. Je me souviens encore de son visage, doux comme un ange, toujours joyeuse et son regard…bleu comme la mer la plus calme…

-Et…que lui est-il arrivé ; demandai-je prudemment.

-Malheureusement pour moi, elle avait une peur bleue de l’océan car elle avait perdu toute sa famille en mer lorsqu’elle était petite. J’ai dû faire un choix entre ma carrière et donc renoncer à Silène, ou bien renoncer à la mer pour toujours et vivre avec elle… J’ai choisi la mer. Au départ, je pensais vraiment avoir fait le bon choix, mais j’étais jeune et inconscient et je me voyais avec un brillant avenir dans la marine…Aujourd’hui, je me demande si je n’aurais pas dû faire ma vie avec elle plutôt que de moisir ici sur mon bateau, seul…

Il me regarda droit dans les yeux. C’était la première fois de la journée que je ne voyais en lui aucune ironie ni de joie. Il était si sérieux que cela faisait presque peur mais je comprenais exactement ce qu’il ressentait du haut de mes onze ans.

-Mais toi, tu es jeune, tu as tout le temps pour réfléchir. Je ne sais pas pourquoi tu veux réécrire l’histoire, Laura, et cela ne me regarde pas mais, ne renonce pas à tes rêves, sans cela, la vie ne vaut même plus la peine d’être vécue. Si tu aimes quelqu’un de tout ton cœur et de toute ton âme, alors rien ne pourra vous séparer, pas même l’éloignement ou le temps.

Cette dernière phrase me fit ouvrir les yeux sur moi-même. Il avait raison, j’avais fait une promesse à Darksky : qu’un jour, nous nous reverrions et je comptais bien la tenir désormais, même si cela devait prendre plusieurs années.

Je lui avais dit au revoir, pas adieu ! Rien ne m’empêchait de revenir le voir une fois adulte, ou même pendant des vacances. Il y avait également de nombreux moyens de communications comme les mails ou tout simplement les lettres. Il suffisait que j’insiste un peu mais j’étais persuadée que nous pourrions rester en contact jusqu’au jour où l’on se retrouverait.

-Merci ; lui dis-je dans un murmure presque inaudible.

-Mais de rien mon enfant, cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé de cette histoire à quelqu’un. Je crois bien que la dernière fois, je devais être à moitié saoul…

Je ne pus m’empêcher de rire malgré les quelques larmes qui s’accrochaient encore à mes yeux rougis par mes pleurs. Ce capitaine, décidément, il ne prenait rien au sérieux…

Ce dernier, ayant terminé sa cigarette, mit les mains dans ses poches et commença à prendre le chemin du retour mais, alors qu’il se trouvait juste devant la porte, il s’arrêta un instant et se tourna à moitié vers moi et me lança :

-Ce voyage est mon dernier. A partir de la semaine prochaine, je prends ma retraite.

-Vraiment ? Vous ne paraissez pas si vieux que ça pourtant ; m’étonnai-je.

-Disons que, à défaut de pouvoir réécrire l’histoire, j’ai écrit une nouvelle page ; me répondit-il d’un ton amusé.

Sur ces mots, le capitaine rentra à l’intérieur du navire et je me retrouvai à nouveau seule sur le pont, toujours frigorifiée et repensant au passé, mais désormais, je me sentais libérée du poids de mon mensonge envers Darksky. J’avais maintenant la certitude que cet adieu sur la falaise n’était qu’un au revoir.

Comme prise de folie, je me précipitai à la poupe du bateau et je criai de toute mes forces dans la nuit en direction de la ville que j’avais quittée :

-M’entends-tu Darksky ! Nous nous reverrons bientôt, j’en fais le serment ! Alors, en attendant ce jour, prends soin de toi…

J’essuyai les quelques larmes qui restaient encore pendues à mes yeux, puis, lançant un ultime regard au lointain, je rangeai le poème précieusement dans la poche de ma robe et je rentrai à mon tour avant d’attraper une méningite…

Une fois à l’intérieur, la climatisation du bateau me revigora d’un seul coup. Il n’y avait plus personne désormais dans les couloirs, le spectacle devait être terminé depuis longtemps déjà…

Je regagnai lentement la cabine, m’égarant un peu sur le chemin à cause de la fatigue mais je finis par la retrouver assez rapidement.

Ma mère vint m’ouvrir, me grondant au passage pour avoir disparue en plein milieu de la fête sans prévenir, mais j’étais si épuisée que je n’eus même plus la force de me défendre et je pris toutes les critiques sans broncher avant de m’affaler sur le lit et de m’endormir immédiatement, encore toute habillée.

Lorsque je me réveillai le lendemain, il devait être aux alentours de midi et tout le monde était déjà sur le départ. Mon frère passa en coup de vent devant moi en me criant de me lever sans quoi il partirait sans moi.

Encore à moitié dans mes rêves, je m’étirai, histoire de me donner un peu de courage avant d’entamer cette journée qui s’annonçait d’ores et déjà épuisante.

Je fis rapidement mes bagages, c’est-à-dire la trousse de toilette, un jean, un tee-shirt et le poème et, encore habillée comme la veille, je sortis ma valise dans le couloir avec les autres.

-Te voilà enfin ; ricana Arthur, je croyais que tu n’allais jamais te réveiller.

-Arrête un peu de l’embêter ; le reprit ma mère, nous ne sommes pas si pressés, le bateau n’arrivera au port que dans une demi-heure.

-Oui, mais ils voulaient que nous sortions de la chambre à 11 heures et il est midi, il était temps que tu viennes Laura ; râla mon père. Et bon sang, où étais-tu passée hier ? J’étais tellement absorbé par le capitaine que je ne t’ai même pas vue disparaitre !

-C’est bon, ce n’est pas comme si j’avais été enlevée sur un bateau…Maugréai-je.

Alors que nous nous disputions sans réelle raison, nous vîmes arriver le capitaine qui arborait un air spécialement joyeux pour quelqu’un partant à la retraite mais si mes déductions étaient exactes, alors je pouvais le comprendre.

-Yohoho Matelot, bien dormi j’espère ? S’exclama-t-il en guise de salutation.

-Très bien capitaine, merci. Votre bateau est très confortable ; lui répondit mon père sans perdre son sérieux.

-Oh mais ce n’est plus mon bateau désormais. Comme vous, je descends ici et direction l’Angleterre ! Je suis d’ailleurs venu vous donner mon adresse. Il faudra qu’on se revoie un de ces jours et je vous présenterai ma nouvelle femme !

Je souris en entendant cela. J’avais finalement bien deviné et je fus contente de voir que le capitaine liait l’acte à la parole et qu’il ne faisait pas que des leçons de morale sans appliquer lui-même ses propres conseils.

S’ensuivit alors une courte discussion pendant laquelle mon père prit l’adresse du capitaine ainsi que son numéro puis la sirène du bateau siffla trois fois.

-Et bien, monsieur Garden, j’espère vous revoir prochainement dans ce cas et je vous souhaite une bonne installation ! Lança le capitaine tout en nous faisant un signe de la main. Laura, n’oublie pas ce que je t’ai dit et tout ira bien.

Mon frère me regarda bizarrement en entendant cela mais je l’ignorai et je me contentai de répondre au signe de main du capitaine, vraiment reconnaissante envers lui.

Nous montâmes ensuite sur le pont extérieur et les côtes anglaises nous apparurent. Elles ressemblaient trait pour trait aux côtes françaises à l’exception que le temps était gris et que la falaise n’existait pas ici.

Au loin, je distinguai une ville perdue dans le brouillard et mon cœur se mit à battre plus vite

-Nous voilà arrivés. C’est une nouvelle vie qui nous attend derrière ce brouillard ; déclara Arthur calmement.

-Oui, et espérons simplement…qu’elle soit heureuse…murmurai-je en repensant à Darksky.


Fate is just a word that people use when it’s all over, noone knows what’ll happen until it does!

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le bon temps…

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